Qui a découvert les lois du mouvement des planètes ?
La réponse
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Au tournant des XVIe et XVIIe siècles, l’astronomie européenne remet progressivement en cause les modèles hérités de l’Antiquité. C’est dans ce contexte que l’astronome et mathématicien allemand Johannes Kepler découvre les lois du mouvement des planètes. Publiées entre 1609 et 1619, ces trois lois décrivent la forme des orbites, les variations de vitesse des planètes et le rapport entre leur distance au Soleil et la durée de leur révolution. Elles constituent l’un des fondements de l’astronomie moderne.
Le rôle essentiel des observations de Tycho Brahe
Kepler s’appuie notamment sur les observations très précises de l’astronome danois Tycho Brahe. Celui-ci avait mesuré pendant des années la position des planètes à l’œil nu, avant l’utilisation des instruments optiques modernes. Kepler rejoint Brahe à Prague en 1600 et travaille auprès de lui. Après la mort de Brahe, en 1601, il poursuit l’exploitation de ses archives, en particulier des données consacrées à Mars. Cette planète joue un rôle décisif, car son mouvement apparent est suffisamment complexe pour révéler les limites des modèles fondés sur des orbites circulaires. En confrontant les calculs aux observations, Kepler finit par rechercher une nouvelle description mathématique du mouvement planétaire.
Les deux premières lois en 1609
Kepler publie ses deux premières lois dans Astronomia nova, en 1609. La première affirme que chaque planète décrit une ellipse autour du Soleil, celui-ci se trouvant à l’un des foyers de cette ellipse. Cette proposition rompt avec la préférence traditionnelle pour le cercle, considéré depuis l’Antiquité comme la forme parfaite des mouvements célestes. La deuxième loi, appelée loi des aires, établit qu’une ligne imaginaire reliant une planète au Soleil balaie des aires égales pendant des durées égales. La vitesse de la planète n’est donc pas constante : elle augmente lorsqu’elle se rapproche du Soleil et diminue lorsqu’elle s’en éloigne. Cette loi ne doit pas être confondue avec la cause principale de l’alternance des saisons, qui est l’inclinaison de l’axe terrestre. Elle permet en revanche de comprendre pourquoi les saisons n’ont pas exactement la même durée, puisque la Terre ne se déplace pas à vitesse uniforme sur son orbite.
La troisième loi et l’harmonie du système solaire
En 1619, dans Harmonices mundi, Kepler énonce sa troisième loi. Elle relie la période de révolution d’une planète à la taille de son orbite : pour des planètes gravitant autour du même astre, le carré de la période orbitale est proportionnel au cube du demi-grand axe de l’ellipse. Cette relation est souvent résumée par la formule T² ∝ a³. Elle signifie qu’une planète plus éloignée du Soleil met davantage de temps à accomplir son parcours. La distance pertinente n’est pas une simple mesure prise à un instant donné, mais le demi-grand axe, qui caractérise la dimension de l’orbite elliptique. Avec cette loi, Kepler met en évidence une régularité commune à l’ensemble du système solaire alors connu.
De Kepler à la mécanique céleste
Les lois de Kepler sont avant tout des lois descriptives : elles rendent compte avec une grande précision de la manière dont les planètes se déplacent, sans encore fournir la théorie physique complète qui explique ces mouvements. Au siècle suivant, Isaac Newton montre que ces régularités peuvent être expliquées par les lois de la mécanique et la gravitation universelle. Les travaux de Kepler deviennent ainsi une base majeure de la mécanique céleste. Sous des formes adaptées et comme approximation du problème de deux corps, ses lois servent encore à comprendre les orbites des satellites et à préparer le calcul des trajectoires spatiales.
