Qui a découvert la photosynthèse ?
La réponse
En savoir plus
La photosynthèse, ce processus biologique fondamental qui permet aux plantes de convertir la lumière du soleil en énergie, a été progressivement décryptée par plusieurs générations de scientifiques. Longtemps considérée comme un mystère, cette transformation naturelle fascine depuis des siècles les chercheurs qui cherchent à comprendre comment les végétaux nourrissent la biosphère. Parmi eux, Jan Ingenhousz a marqué l’histoire des sciences en apportant en 1779 une preuve expérimentale décisive : les plantes dégagent de l’oxygène sous l’effet de la lumière.
Un tournant expérimental au XVIIIe siècle
Avant Ingenhousz, les observations sur les plantes restaient fragmentaires et souvent erronées. Dès le XVIIe siècle, le médecin anglais John Woodward avait remarqué que les plantes aquatiques libéraient des bulles de gaz sous l’eau, mais sans identifier leur nature. C’est en 1772 que le chimiste écossais Joseph Priestley démontre pour la première fois qu’une plante placée dans un récipient peut "restaurer" l’air vicié par une bougie éteinte. Cependant, Priestley ignore que ce phénomène ne fonctionne qu’en présence de lumière, une condition cruciale que Ingenhousz mettra en lumière quelques années plus tard.
Des expériences décisives sous cloche de verre
Jan Ingenhousz, médecin de la cour autrichienne puis botaniste, mène une série d’expériences méticuleuses entre 1779 et 1796. Il utilise des cloches de verre immergées dans l’eau pour observer le comportement des plantes aquatiques. Ses observations révèlent que seules les parties vertes des plantes, exposées à la lumière, produisent des bulles d’oxygène. Il en déduit que la photosynthèse nécessite à la fois la présence de lumière et de chlorophylle, le pigment responsable de la couleur verte des feuilles. Ses travaux, publiés en 1779 dans Experiments upon Vegetables, posent les bases de la compréhension moderne de ce mécanisme.
Un mécanisme complexe entre lumière et matière
Ingenhousz ne connaît pas encore la formule chimique exacte de la photosynthèse, mais il établit un lien clair entre l’absorption du dioxyde de carbone (CO₂) et la libération d’oxygène (O₂). Ses expériences montrent aussi que ce processus s’accompagne d’une production de matière organique, bien que la notion de "sucre" ou de glucose ne soit pas encore formalisée. Il faudra attendre les travaux ultérieurs de Nicolas-Théodore de Saussure au début du XIXe siècle pour comprendre que les plantes absorbent aussi de l’eau et des minéraux du sol pour synthétiser leurs tissus.
Un héritage scientifique toujours vivant
La contribution d’Ingenhousz dépasse la simple découverte : elle ouvre la voie à l’agronomie moderne et à l’étude des écosystèmes. Ses travaux influencent des domaines aussi variés que la climatologie, l’écologie ou même la recherche sur les énergies renouvelables, où la photosynthèse inspire aujourd’hui des technologies de "photosynthèse artificielle". Bien que son nom soit moins connu que celui d’autres pionniers comme Priestley ou Lavoisier, Ingenhousz reste une figure majeure de la science, dont les expériences ont transformé notre compréhension du vivant.