Qui a découvert l'électricité en observant des éclairs ?
La réponse
En savoir plus
L’électricité n’a pas été « découverte » en un seul instant : certains de ses effets étaient connus depuis l’Antiquité. Ce que Benjamin Franklin a établi au XVIIIe siècle, c’est le lien entre l’électricité et les éclairs. En 1752, son expérience du cerf-volant a montré que les nuages d’orage étaient chargés d’électricité, une avancée décisive dans l’étude des phénomènes électriques.
Des observations anciennes aux recherches de Franklin
Les auteurs de l’Antiquité avaient déjà remarqué que l’ambre frotté attirait de petits objets légers, comme des brins de paille ou des plumes. Ce phénomène, aujourd’hui appelé électricité statique, restait toutefois mal compris. Au XVIIIe siècle, les expériences sur les étincelles produites par des machines électrostatiques se multiplièrent. Certains savants remarquèrent leur ressemblance avec les éclairs et supposèrent que ces phénomènes pouvaient avoir une même nature, mais il restait à le démontrer expérimentalement.
L’expérience du cerf-volant en 1752
Benjamin Franklin proposa alors de vérifier si l’électricité présente dans les nuages d’orage pouvait être recueillie au moyen d’un cerf-volant. Dans son dispositif, un cerf-volant était relié à une ficelle conductrice et à une clé métallique. Lorsque le cerf-volant fut exposé à un ciel orageux, des étincelles purent être obtenues à proximité de la clé. Ces étincelles indiquaient que l’atmosphère était électrisée et que la charge des nuages pouvait être conduite jusqu’au dispositif. Cette expérience est celle qui vaut à Franklin d’être associé à la démonstration du lien entre les éclairs et l’électricité.
Une expérience souvent déformée
Contrairement à une représentation très répandue, le cerf-volant n’avait pas vocation à être frappé directement par la foudre. Un impact aurait été extrêmement dangereux, voire mortel. Le dispositif permettait de recueillir l’électricité présente dans l’environnement du nuage avant qu’un éclair ne touche le sol ou le cerf-volant. Cette précision est importante : Franklin n’a pas capturé un éclair dans une clé, mais a mis en évidence l’électricité atmosphérique grâce aux charges produites par l’orage. D’autres savants avaient auparavant évoqué la ressemblance entre les étincelles et les éclairs, mais l’expérience de 1752 a donné une démonstration particulièrement convaincante de cette relation.
Du constat au paratonnerre
Les recherches de Franklin eurent rapidement une application pratique. Si les éclairs étaient de nature électrique, il devait être possible de les attirer vers une tige métallique et de conduire leur charge jusqu’au sol de manière contrôlée. Cette idée conduisit à la mise au point du paratonnerre, constitué d’une tige conductrice reliée à la terre. Le dispositif ne supprime pas les orages, mais il offre à une décharge électrique un chemin privilégié et contribue ainsi à protéger les bâtiments. Franklin a donc surtout démontré la nature électrique des éclairs, plutôt que découvert l’électricité elle-même.
