Qui a découvert quoi

Qui a découvert l'Australie ?

La réponse

L'Australie a été découverte par l'explorateur néerlandais Willem Janszoon en 1606, bien que les cartes européennes de l'époque aient d'abord attribué sa découverte à l'explorateur portugais Pedro Fernandes de Queirós. Les Britanniques, avec James Cook, ont ensuite joué un rôle clé dans sa colonisation au XVIIIe siècle.

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L’histoire de la découverte de l’Australie est bien plus complexe qu’un simple récit linéaire. Longtemps considérée comme une terra nullius, cette terre lointaine a été le théâtre d’explorations successives, où chaque navigateur a apporté sa pierre à la cartographie d’un continent encore mystérieux pour les Européens au début du XVIIe siècle. Entre revendications concurrentes et méconnaissance des peuples autochtones, la question de savoir qui a "découvert" l’Australie mérite d’être examinée à l’aune des preuves historiques et des réalités géopolitiques de l’époque.

Les premières traces de contacts européens avant 1606

Avant même l’arrivée des Néerlandais, des récits et des artefacts suggèrent que des Européens ont pu apercevoir les côtes australiennes. Certains historiens évoquent la possibilité que des navigateurs portugais, comme Cristóvão de Mendonça ou Gomes de Sequeira, aient atteint les côtes du nord ou de l’ouest de l’Australie dès les années 1520, mais ces hypothèses reposent sur des indices fragmentaires et des cartes non contemporaines. Plus solidement attestée est la présence de pêcheurs makassars, originaires des îles indonésiennes actuelles, qui ont régulièrement fréquenté les côtes du nord de l’Australie à partir du XVIIe siècle, voire avant, pour la collecte de trepang (holothurie comestible). Ces échanges commerciaux, bien que non suivis d’une colonisation, témoignent d’une connaissance ancienne de ces terres par des populations asiatiques.

Willem Janszoon et la première preuve écrite d’un débarquement

Le 26 février 1606, l’explorateur néerlandais Willem Janszoon, à la tête du Duyfken, un petit navire de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC), accoste sur la côte ouest de la péninsule du cap York, dans le Queensland actuel. Il y passe plusieurs semaines à explorer la région et à entrer en contact avec les peuples aborigènes, laissant le premier compte-rendu écrit détaillé d’une présence européenne en Australie. Bien que Janszoon n’ait pas cartographié l’ensemble du continent, son voyage marque un tournant en fournissant des données fiables aux autorités néerlandaises. Pourtant, cette découverte ne suscite pas immédiatement un intérêt colonial, la VOC privilégiant alors ses comptoirs en Asie du Sud-Est.

Pedro Fernandes de Queirós : une exploration australe avortée

En 1605, soit quelques mois avant Janszoon, l’explorateur portugais Pedro Fernandes de Queirós, au service de l’Espagne, quitte le Pérou à la tête d’une expédition visant à trouver le mythique continent austral. Après avoir traversé l’océan Pacifique, il atteint en mai 1606 une île qu’il nomme Austrialia del Espíritu Santo (aujourd’hui Vanuatu), croyant avoir découvert l’extrémité nord d’un continent méridional. Bien que Queirós se soit trompé de localisation, son voyage a contribué à entretenir l’idée d’une Terra Australis, un continent hypothétique censé équilibrer les terres connues de l’hémisphère nord. Les cartes européennes des XVIIe et XVIIIe siècles ont souvent attribué à Queirós la découverte de l’Australie, une confusion qui s’explique par l’absence de données précises à l’époque.

Les Britanniques et l’appropriation progressive du continent

Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que les Britanniques s’intéressent sérieusement à l’Australie, dans un contexte de rivalité coloniale avec les Néerlandais et de recherche de nouvelles terres pour les convicts (condamnés) après la perte des colonies américaines. En 1770, James Cook, lors de son premier voyage, explore et cartographie la côte est, qu’il revendique au nom de la Couronne britannique sous le nom de Nouvelle-Galles du Sud. Contrairement à Janszoon, Cook ne débarque pas sur des terres inconnues des Européens, mais il fournit des relevés précis qui serviront de base à la colonisation future. L’installation d’un premier établissement pénitentiaire à Sydney en 1788 marque le début d’une appropriation systématique du territoire, reléguant les découvertes précédentes au rang d’épisodes mineurs dans l’histoire impériale.

La question des peuples autochtones et de la souveraineté

Parler de "découverte" de l’Australie par les Européens revient à ignorer plus de 65 000 ans d’histoire aborigène et insulaire. Les quelque 500 nations autochtones qui peuplaient le continent avant 1788 possédaient une connaissance approfondie de leur territoire, des saisons et des ressources naturelles. Le concept de terra nullius, utilisé pour justifier la colonisation britannique, repose sur une méconnaissance volontaire de ces sociétés complexes. Aujourd’hui, les recherches archéologiques et les récits oraux des peuples autochtones montrent que l’Australie était non seulement habitée, mais aussi culturellement et socialement organisée bien avant l’arrivée des premiers navigateurs européens. La reconnaissance de cette souveraineté précoloniale est un enjeu majeur des débats contemporains sur l’histoire et la justice sociale en Australie.