Musique classique

Qui a composé La Neuvième Symphonie et quel est son surnom ?

La réponse

La Neuvième Symphonie a été composée par Ludwig van Beethoven entre 1818 et 1824. Elle est surnommée Symphonie du Chant de joie en raison de son dernier mouvement, l'Ode à la Joie, qui met en musique un poème de Friedrich Schiller. Cette œuvre est devenue un symbole de l'humanité et de la fraternité universelle, souvent reprise lors d'événements internationaux.

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La Neuvième Symphonie de Beethoven, achevée en 1824, marque un tournant dans l’histoire de la musique classique. Composée en pleine surdité du maître, cette œuvre monumentale transcende les conventions symphoniques de son époque par son ambition formelle et son message universel. Son dernier mouvement, inspiré du poème d’un ami de jeunesse, transforme une symphonie en hymne à l’humanité, faisant d’elle bien plus qu’une simple création musicale.

Une œuvre née dans l’adversité

Beethoven a travaillé à la Neuvième Symphonie entre 1818 et 1824, une période où sa surdité, déjà sévère, s’était aggravée au point de le rendre incapable de percevoir les sons. Malgré cette épreuve, il dicta des parties entières de l’œuvre à son neveu Karl et à ses assistants, utilisant des carnets de conversation pour communiquer. La création eut lieu le 7 mai 1824 à Vienne, dans un contexte où le compositeur, alors en mauvaise santé, ne put diriger lui-même l’orchestre. C’est le chef Michael Umlauf qui assura la direction, tandis que Beethoven, placé de dos au public, continua à battre la mesure sans en avoir conscience.

Une structure révolutionnaire pour l’époque

Contrairement aux symphonies précédentes, composées de quatre mouvements, Beethoven introduit dans sa Neuvième une rupture radicale en intégrant un chœur et des solistes dans le dernier mouvement. Cette innovation, inspirée par son admiration pour la musique vocale, étend la durée de l’œuvre à près d’une heure et demie, une durée exceptionnelle pour l’époque. Les trois premiers mouvements, d’une intensité dramatique croissante, préparent l’auditeur à l’explosion finale, où la voix humaine vient sublimer l’orchestre. Cette structure audacieuse a influencé des générations de compositeurs, de Brahms à Mahler, en passant par Wagner.

L’Ode à la Joie : un poème devenu hymne

Le texte du dernier mouvement, l’Ode à la Joie, est tiré d’un poème écrit en 1785 par Friedrich Schiller, intitulé An die Freude. Beethoven, qui admirait depuis longtemps ce texte, avait envisagé dès 1793 de le mettre en musique, mais c’est seulement dans sa Neuvième Symphonie qu’il concrétise cette ambition. Le choix de Schiller n’est pas anodin : le poème, célébrant l’unité et la fraternité entre les hommes, reflète les idéaux de la Révolution française, auxquels Beethoven était profondément attaché. La mélodie, d’une simplicité apparente mais d’une puissance émotionnelle inégalée, est devenue l’un des thèmes les plus reconnaissables au monde.

Un symbole universel de paix et d’unité

Depuis sa création, la Neuvième Symphonie a été adoptée comme hymne par de nombreuses institutions internationales. En 1972, le Conseil de l’Europe en a fait son hymne officiel, puis en 1985, l’Union européenne l’a également adopté. Son dernier mouvement, souvent interprété lors d’événements solennels ou de célébrations, incarne l’espoir d’un monde plus fraternel. Cette œuvre, initialement critiquée pour son ambition démesurée, est aujourd’hui considérée comme un pilier du répertoire classique, transcendant les frontières culturelles et historiques.