Évolution des espèces

Quels sont les plus anciens primates connus, et de quand datent-ils ?

La réponse

Il n’existe pas de « premier primate » unanimement admis, car le statut de plusieurs fossiles très anciens est discuté. Altiatlasius, daté d’environ 57 à 56 millions d’années au Paléocène, est souvent cité parmi les plus anciens primates ; Plesiadapis, datant d’environ 58 à 55 millions d’années, est plutôt considéré comme un primate-souche. Ses yeux étaient par ailleurs davantage orientés latéralement que vers l’avant.

En savoir plus

L’apparition des premiers primates ne correspond pas à un événement unique clairement identifiable dans le registre fossile. Plusieurs mammifères du Paléocène présentent des caractères qui les rapprochent des primates, mais leur classification fait encore débat. Altiatlasius, daté d’environ 57 à 56 millions d’années, est souvent cité parmi les plus anciens primates connus. Plesiadapis, qui date d’environ 58 à 55 millions d’années, est généralement interprété plus prudemment comme un primate-souche, c’est-à-dire comme un représentant proche de la base de la lignée plutôt que comme un primate moderne au sens strict.

Pourquoi il n’existe pas de « premier primate »

La notion de premier primate dépend en partie des caractères retenus pour définir ce groupe. Les fossiles les plus anciens ne possèdent pas nécessairement toutes les caractéristiques anatomiques observées chez les primates actuels. Certains présentent une combinaison de traits primitifs et de caractères qui annoncent les lignées ultérieures. Cette situation rend les frontières difficiles à fixer entre les premiers primates et des mammifères très proches, mais placés juste à l’extérieur du groupe. Il est donc plus exact de parler des plus anciens primates connus ou de primates-souches que de désigner un unique ancêtre incontestable.

Altiatlasius, un candidat très ancien

Altiatlasius est régulièrement mentionné dans les synthèses consacrées aux origines des primates. Ses fossiles sont datés d’environ 57 à 56 millions d’années, au Paléocène. Cette ancienneté explique sa place importante dans les discussions sur l’émergence du groupe. Elle ne suffit toutefois pas à établir qu’Altiatlasius serait le tout premier primate : le statut exact de plusieurs fossiles très anciens reste discuté et dépend de leur interprétation anatomique et phylogénétique. Altiatlasius doit donc être présenté comme l’un des plus anciens représentants proposés, et non comme une réponse définitive à la question des origines.

Plesiadapis, un primate-souche

Plesiadapis est daté d’environ 58 à 55 millions d’années. Il est souvent associé aux plésiadapiformes, un ensemble de mammifères paléocènes proches de la base de l’évolution des primates. Dans la classification actuelle, il est plutôt considéré comme un primate-souche : il éclaire les étapes anciennes de l’histoire du groupe, sans être nécessairement classé parmi les primates au même titre que les singes et les autres primates modernes. Son importance vient donc moins de l’idée qu’il serait « le premier » que de sa position proche des premières divergences de la lignée.

Une anatomie différente de celle des primates modernes

L’anatomie de Plesiadapis invite à éviter les reconstitutions trop simplistes. Ses yeux étaient davantage orientés latéralement que vers l’avant. Cette disposition le distingue des nombreux primates actuels, chez lesquels les orbites sont plus tournées vers l’avant. Elle montre que certains traits souvent associés à l’image familière des primates modernes n’étaient pas encore réunis chez les formes anciennes. Les fossiles comme Altiatlasius et Plesiadapis témoignent ainsi d’une évolution progressive et ramifiée, plutôt que de l’apparition soudaine d’un premier primate parfaitement identifiable.

CultureG.org