Pain et boulangerie

Quels critères réglementaires définissent le « pain de tradition française » en France ?

La réponse

Il doit être fabriqué avec des ingrédients autorisés — farine de blé, eau, sel, levure et/ou levain — sans additifs non prévus par la réglementation ni congélation. La croûte dorée et la mie alvéolée sont des critères sensoriels, pas des critères généraux de l’INAO.

En savoir plus

Le « pain de tradition française » n’est pas une simple description valorisante destinée à évoquer un savoir-faire artisanal. Cette dénomination correspond à une définition réglementaire précise : elle encadre à la fois les ingrédients qui peuvent entrer dans sa composition et certains procédés de fabrication. Elle ne repose toutefois pas sur une apparence parfaite, une recette régionale ou une méthode artisanale particulière.

Une composition strictement encadrée

La base du pain de tradition française est constituée de farine de blé, d’eau, de sel et de levure de panification et/ou de levain. Le recours à une farine française, à une variété de blé déterminée ou à une farine issue de l’agriculture biologique n’est pas exigé par cette définition générale. De même, la réglementation ne conditionne pas l’appellation à l’emploi d’une farine provenant d’un terroir particulier. Ce sont donc la nature des ingrédients autorisés et le respect des règles applicables qui comptent, non l’origine commerciale ou la réputation de la farine.

Des additifs limités et pas de congélation

Le fabricant ne peut pas ajouter librement des améliorants, des conservateurs, des émulsifiants ou d’autres substances utilisées dans certaines fabrications de boulangerie. Seuls les ingrédients et éventuels auxiliaires expressément prévus par la réglementation peuvent être employés. La préparation ne doit par ailleurs pas avoir subi de congélation au cours de sa fabrication. Cette interdiction distingue le pain de tradition française des produits fabriqués selon des procédés impliquant la congélation ou la surgélation de la pâte ou du pain.

Aucune obligation de pétrissage manuel ou de four à bois

La définition réglementaire n’impose pas que la pâte soit pétrie à la main, qu’elle fermente pendant une durée déterminée ou qu’elle soit cuite dans un four à bois. Elle ne fixe pas non plus une température unique de cuisson, une vitesse particulière de pétrissage ou une taille obligatoire pour les alvéoles de la mie. Un boulanger peut donc utiliser des équipements professionnels, dès lors que la composition du produit et les procédés interdits sont respectés. La mention « tradition française » ne signifie ainsi pas nécessairement fabrication entièrement manuelle.

La croûte et la mie ne suffisent pas

Une croûte dorée, croustillante ou une mie largement alvéolée peuvent caractériser les qualités sensorielles que les consommateurs associent volontiers à un bon pain. Elles ne constituent cependant pas, à elles seules, les critères réglementaires généraux qui définissent le pain de tradition française. L’odeur, la texture et le goût peuvent varier selon la farine, le levain, la fermentation et la cuisson. Enfin, cette dénomination relève de la réglementation applicable à la boulangerie et ne correspond pas à un critère général établi par l’INAO : l’apparence du pain ne remplace donc pas le respect de sa composition et de l’absence de congélation.

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