Quelles compagnies aériennes ont opéré les premiers vols commerciaux supersoniques ?
La réponse
En savoir plus
Le 21 janvier 1976, l’aviation commerciale franchissait officiellement le mur du son avec la mise en service du Concorde. Deux compagnies aériennes inauguraient alors des liaisons supersoniques pour passagers : British Airways, au départ de Londres vers Bahreïn, et Air France, au départ de Paris vers Rio de Janeiro. Ces vols marquaient le début de l’exploitation commerciale régulière d’un appareil capable de transporter des voyageurs à plus de deux fois la vitesse du son.
Deux compagnies, un même avion
British Airways et Air France étaient les compagnies chargées d’exploiter commercialement le Concorde. Il convient de distinguer leur rôle de celui des constructeurs et des États qui avaient conçu et financé l’appareil. Le programme était le fruit d’une coopération franco-britannique, tandis que les deux compagnies assuraient les vols, la vente des billets et le transport des passagers. En 1976, il s’agissait bien de British Airways, et non de British Overseas Airways Corporation, ou BOAC : cette dernière avait cessé ses activités avant l’entrée en service commercial du Concorde.
Les itinéraires inauguraux
Les deux premiers vols commerciaux supersoniques ont été effectués le même jour sur deux itinéraires différents. British Airways reliait Londres à Bahreïn, dans le Golfe, tandis qu’Air France reliait Paris à Rio de Janeiro, au Brésil. Ces destinations constituaient les premières liaisons commerciales du Concorde. Elles se distinguaient des nombreux vols d’essai, de présentation et de certification réalisés auparavant, qui avaient permis de vérifier le comportement de l’avion avant son ouverture au transport régulier de passagers.
Une coopération technologique sans précédent
Le Concorde résultait d’un programme développé conjointement par la France et le Royaume-Uni. La British Aircraft Corporation collaborait avec Sud Aviation, entreprise française qui participa ensuite à la constitution d’Aérospatiale. Sa silhouette reposait sur un fuselage étroit et des ailes delta adaptées au vol supersonique. Quatre réacteurs Olympus 593, développés avec la participation de Rolls-Royce et de Snecma, propulsaient l’appareil à une vitesse de croisière d’environ Mach 2. Cette performance réduisait fortement la durée des longs courriers, mais elle imposait aussi des contraintes importantes de conception, de consommation de carburant et d’exploitation.
Les seules compagnies à exploiter le Concorde en service régulier
British Airways et Air France ont été les deux seules compagnies aériennes à exploiter le Concorde en service commercial régulier. L’appareil est devenu particulièrement associé aux liaisons transatlantiques, notamment entre l’Europe et New York, mais son exploitation est restée limitée par son coût élevé, sa consommation de carburant, les restrictions liées au bang supersonique et le prix des billets. Le Concorde n’a donc jamais remplacé les avions subsoniques dans le transport de masse. Après près de trois décennies d’activité, British Airways et Air France ont retiré leurs Concorde du service en 2003, mettant fin à la première et, à ce jour, unique expérience de transport supersonique commercial durable pour passagers.
