Histoire de la langue française

Quelle réforme orthographique majeure a été introduite en 1740 en France ?

La réponse

La réforme orthographique de 1740, menée par l’Académie française, a modifié l’écriture de nombreux mots, notamment en supprimant des lettres étymologiques devenues muettes. Par exemple, « isle » est devenu « île » et « maistre » « maître ».

En savoir plus

En 1740, l’Académie française introduit une réforme importante de l’orthographe française. Elle modifie l’écriture de nombreux mots en supprimant certaines lettres étymologiques qui n’étaient plus prononcées. Cette intervention s’inscrit dans l’histoire de la fixation progressive de l’orthographe, alors que les textes français conservent encore de nombreuses graphies héritées d’états plus anciens de la langue.

Des lettres étymologiques supprimées

La réforme concerne notamment des consonnes devenues muettes au fil de l’évolution du français. Ces lettres rappelaient souvent l’origine ou l’histoire d’un mot, mais elles n’étaient plus nécessaires à sa prononciation. Leur suppression rend certaines graphies plus proches de l’usage oral de l’époque, sans pour autant transformer entièrement l’orthographe française en système phonétique. L’Académie française joue ici un rôle majeur en faisant évoluer les formes retenues dans ses travaux de normalisation.

Les exemples d’isle et de maistre

Deux exemples illustrent clairement cette réforme. Le mot « isle » devient « île » : le s, qui n’était plus prononcé, disparaît de l’écriture, tandis que l’accent circonflexe conserve la trace de cette ancienne graphie. De même, « maistre » devient « maître ». Dans ce cas, le s étymologique est supprimé et l’accent circonflexe marque également l’histoire du mot. Ces changements montrent que la réforme ne consiste pas seulement à corriger des détails graphiques : elle modifie la forme visible de mots courants et contribue à stabiliser leur orthographe.

Une étape de la normalisation du français

La réforme de 1740 ne fait pas disparaître toutes les lettres muettes ni toutes les particularités de l’orthographe française. Elle porte sur un grand nombre de mots, mais certaines graphies anciennes ou étymologiques subsistent dans la langue. Son importance tient donc moins à une simplification totale qu’à une nouvelle étape de la codification de l’écrit. Les décisions prises par l’Académie s’ajoutent aux évolutions antérieures et participent à la forme moderne de l’orthographe, qui continuera encore à se modifier dans les éditions et les usages postérieurs.

CultureG.org