Plantes et botanique

Quelle plante, cultivée depuis plus de 5 000 ans en Égypte ancienne, était utilisée pour ses fibres textiles et comme aliment de base, et est aujourd'hui menacée de disparition ?

La réponse

Le papyrus (Cyperus papyrus).

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Le papyrus, ou Cyperus papyrus, est une grande plante herbacée des zones humides, appartenant à la famille des cypéracées. Étroitement associé au Nil et à l’Égypte ancienne, il y était cultivé depuis plus de 5 000 ans pour la diversité de ses usages. Ses tiges fournissaient des fibres destinées à la fabrication de textiles et d’objets tressés, tandis que certaines parties de la plante constituaient une ressource alimentaire. Aujourd’hui, le recul de ses habitats naturels menace la présence du papyrus dans plusieurs régions où il poussait autrefois en abondance.

Une matière première polyvalente

La tige du papyrus, de section triangulaire et remplie d’une moelle spongieuse, pouvait être transformée de nombreuses manières. Pour produire les feuilles d’écriture, les artisans découpaient la partie interne de la tige en longues bandelettes, les disposaient en couches croisées, puis les pressaient et les séchaient. Le papyrus n’est donc pas le premier support d’écriture de l’histoire, contrairement à ce qui est parfois affirmé, mais il a joué un rôle majeur dans la diffusion des textes administratifs, religieux et littéraires de l’Antiquité égyptienne. Les fibres servaient également à confectionner des nattes, des cordages, des paniers, des éléments de vannerie et des pièces textiles. La plante pouvait ainsi répondre à des besoins domestiques, artisanaux et institutionnels très variés.

Une ressource alimentaire et symbolique

L’utilisation du papyrus ne se limitait pas à ses fibres. Les rhizomes et certaines parties tendres de la plante pouvaient être consommés, ce qui en faisait une ressource alimentaire dans les sociétés installées au bord des zones humides. Sa valeur était aussi symbolique : dans l’iconographie égyptienne, les fourrés de papyrus évoquaient les marais, la fertilité et la vie renouvelée. Cette importance matérielle et religieuse explique sa présence fréquente dans les représentations, les objets et les textes de l’Égypte ancienne. Il faut toutefois distinguer la plante elle-même du matériau portant son nom : le mot « papyrus » désigne à la fois l’espèce végétale et les feuilles fabriquées à partir de sa moelle.

Le recul des populations naturelles

Cyperus papyrus se développe dans des sols gorgés d’eau, généralement dans des marais, des bordures de lacs et des secteurs calmes des cours d’eau. La transformation de ces milieux, leur drainage pour l’agriculture, la régulation des débits par les aménagements hydrauliques et la dégradation de la qualité de l’eau ont réduit ses espaces de croissance. En Égypte, les populations naturelles liées au cours et au delta du Nil ont fortement reculé par rapport à l’époque où la plante occupait de vastes zones humides. Le papyrus est encore cultivé dans des jardins et présent dans certaines régions africaines, mais cette survie en culture ne garantit pas le maintien des peuplements sauvages. La protection des marais, des rives et des régimes hydrologiques reste donc essentielle pour éviter la disparition locale de cette plante emblématique.

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