Quelle mer est la plus salée du monde ?
La réponse
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Avec une salinité moyenne de 35 grammes de sel par litre d’eau, les océans abritent des écosystèmes variés et des courants essentiels à la régulation du climat. Pourtant, certaines étendues d’eau, comme la mer Morte, défient cette norme en concentrant des quantités de sel bien supérieures, transformant ces milieux en environnements extrêmes où la vie s’adapte ou disparaît.
Pourquoi la mer Morte porte-t-elle si bien son nom ?
La mer Morte, située à plus de 400 mètres sous le niveau de la mer, est effectivement l’étendue d’eau la plus salée au monde. Sa salinité atteint environ 340 grammes par litre, soit près de dix fois celle des océans. Ce taux exceptionnel s’explique par un climat aride qui favorise l’évaporation intense de l’eau, tandis que l’apport en eau douce est limité par les rares précipitations et l’absence de cours d’eau permanents. Le sel, principalement composé de chlorure de magnésium et de sodium, s’accumule alors dans le bassin, créant une solution si dense que la flottabilité des corps y est largement supérieure à celle observée dans d’autres plans d’eau.
Un écosystème unique ou une absence de vie ?
La concentration extrême en sel rend la mer Morte presque stérile sur le plan biologique. Seules quelques espèces de bactéries et de micro-organismes halophiles, capables de survivre dans des conditions aussi hostiles, y prospèrent. Les poissons et les crustacés, incapables de tolérer un tel environnement, ont disparu depuis des millénaires. Pourtant, cette apparente désolation cache une dynamique géochimique fascinante : les sédiments riches en minéraux, comme le gypse ou la halite, se forment en permanence, offrant aux scientifiques un terrain d’étude privilégié pour comprendre les limites de la vie sur Terre et, potentiellement, ailleurs dans l’univers.
Un bassin en mutation constante
La mer Morte n’est pas un lac statique : son niveau baisse d’environ un mètre par an en raison de l’exploitation intensive des ressources en eau du fleuve Jourdain, principal affluent, et de l’évaporation accrue. Ce phénomène, couplé à la formation de dolines le long de ses rives, menace à la fois l’écosystème et les activités humaines environnantes. Des projets de canaux, comme le controversé "Red Sea-Dead Sea Conveyance", visent à stabiliser son niveau en détournant une partie des eaux de la mer Rouge, mais leur impact écologique et géopolitique reste sujet à débat.
D’autres mers et lacs salés dans le monde
Si la mer Morte détient le record de salinité parmi les étendues d’eau accessibles, d’autres lacs et mers concentrent des taux élevés de sel. Le lac Assal, situé à Djibouti, affiche une salinité de 348 grammes par litre, tandis que le Grand Lac Salé de l’Utah, aux États-Unis, oscille entre 50 et 270 grammes selon les saisons. Ces milieux, bien que moins connus, jouent un rôle écologique et économique majeur, notamment dans l’exploitation des sels et des minéraux. Leur étude permet de mieux comprendre les mécanismes de concentration saline et leurs conséquences sur les paysages et les sociétés.