Forêts du monde

Quelle forêt est considérée comme le poumon vert de l'Afrique ?

La réponse

La forêt du Bassin du Congo est souvent appelée le poumon vert de l'Afrique en raison de son rôle crucial dans la production d'oxygène et dans la régulation du climat régional. Elle couvre environ 2 millions de km² et abrite une biodiversité exceptionnelle.

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La forêt du Bassin du Congo constitue le deuxième grand massif de forêt tropicale humide du monde, après l’Amazonie. Elle s’étend sur environ 2 millions de kilomètres carrés et se répartit principalement entre le Cameroun, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la République du Congo, le Gabon et la Guinée équatoriale. C’est elle qui est souvent appelée le « poumon vert de l’Afrique ». Cette expression souligne son rôle majeur dans la production d’oxygène par la photosynthèse, le stockage du carbone, le cycle de l’eau et la régulation du climat régional. Il s’agit toutefois d’une image destinée à rendre compte de l’importance écologique de cet ensemble forestier, et non d’une comparaison anatomique littérale.

Un vaste ensemble forestier transfrontalier

La forêt du Bassin du Congo se situe dans le bassin hydrographique du fleuve Congo, en Afrique centrale. Elle ne forme pas un paysage parfaitement uniforme : elle comprend des forêts denses, des forêts marécageuses et des zones de transition avec les savanes. Son caractère transfrontalier rend sa protection particulièrement complexe, car les politiques forestières, les infrastructures et les activités économiques concernent plusieurs États. Cette continuité écologique permet néanmoins aux espèces animales de se déplacer sur de vastes territoires et contribue au fonctionnement général de l’écosystème.

Un réservoir exceptionnel de biodiversité

Le massif abrite une faune et une flore d’une grande richesse. On y trouve notamment des gorilles, des chimpanzés, des bonobos, des éléphants de forêt et de nombreuses espèces d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens et d’insectes. Certaines espèces ne vivent que dans cette région ou dans une partie limitée de l’Afrique centrale. Les forêts jouent également un rôle essentiel pour les populations qui en dépendent pour leur alimentation, leurs matériaux, leurs médicaments traditionnels et d’autres ressources. Cette diversité biologique est étroitement liée à la variété des milieux, depuis les forêts de terre ferme jusqu’aux vastes zones humides.

Un acteur du cycle de l’eau et du carbone

Par l’évapotranspiration, les arbres rejettent de l’humidité dans l’atmosphère. Cette humidité contribue à la formation des nuages et au renouvellement des précipitations en Afrique centrale. La forêt participe aussi au stockage du carbone dans la végétation, les sols et les matières organiques accumulées. Les tourbières de la Cuvette centrale, situées principalement en République démocratique du Congo et en République du Congo, renferment à ce titre d’importantes réserves de carbone. La destruction ou l’assèchement de ces milieux peut libérer ce carbone dans l’atmosphère, ce qui renforce les effets du changement climatique. Le rôle de « poumon vert » renvoie donc à un ensemble de fonctions écologiques complémentaires, et pas seulement à l’oxygène produit par les arbres.

Des menaces qui exigent une action coordonnée

La forêt du Bassin du Congo subit les effets de l’agriculture, de la collecte de bois de chauffage, de l’exploitation forestière, de l’extraction minière et de la construction d’infrastructures. Ces activités peuvent provoquer la déforestation, fragmenter les habitats et dégrader les zones humides. La protection repose sur des parcs nationaux, des réserves et des initiatives de coopération entre les pays concernés. Certains sites du massif bénéficient d’une inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO, mais la conservation ne peut pas se limiter aux espaces protégés : elle doit aussi associer les populations locales et autochtones, améliorer la gestion des ressources et préserver les grands corridors forestiers. C’est à cette condition que ce « poumon vert » pourra continuer à contribuer à la biodiversité et à la stabilité climatique de l’Afrique centrale.

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