Quelle était la capitale de l'Égypte ancienne sous le Nouvel Empire ?
La réponse
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Thèbes était la capitale de l’Égypte ancienne sous le Nouvel Empire, période qui s’étend approximativement de 1550 à 1070 av. J.-C. Située dans la vallée du Nil, sur le site de l’actuelle Louxor, elle devint le principal centre politique, religieux et culturel du royaume. La ville se déployait autour de grands sanctuaires sur la rive est, tandis que la rive ouest accueillait les nécropoles royales et les temples funéraires. Son paysage monumental demeure l’un des témoignages les plus spectaculaires de la puissance des pharaons.
Une capitale portée par la dynastie thébaine
L’importance de Thèbes s’explique notamment par le rôle joué par ses souverains dans la réunification de l’Égypte. À la fin de la Deuxième Période intermédiaire, les princes thébains combattirent les Hyksôs, installés dans le nord du pays. Ahmosis Ier, qui inaugura la XVIIIe dynastie, acheva cette réunification et fonda la période du Nouvel Empire. Thèbes, base de cette dynastie victorieuse, conserva alors une place centrale dans le gouvernement du royaume. Elle était également la ville du dieu Amon, dont le culte prit une importance croissante jusqu’à l’association d’Amon avec Rê sous la forme d’Amon-Rê, divinité majeure de la royauté égyptienne.
Karnak et le temple de Louxor
Les monuments de la rive est illustrent la double fonction politique et religieuse de Thèbes. Le complexe de Karnak, consacré principalement à Amon-Rê, fut agrandi pendant des siècles par de nombreux souverains. Ses pylônes, ses obélisques, ses statues et sa grande salle hypostyle exprimaient la richesse de la monarchie et la puissance du clergé d’Amon. Le temple de Louxor, également associé au culte thébain d’Amon, était au cœur de la fête d’Opet. Durant cette cérémonie, la statue divine était transportée depuis Karnak jusqu’au temple de Louxor, un rituel qui symbolisait le renouvellement de la royauté et la régénération du pays.
Une ville royale et funéraire
Thèbes ne se limitait pas à ses sanctuaires. Des installations palatiales témoignent de la présence de la cour, notamment le palais de Malqata, construit sous le règne d’Amenhotep III sur la rive ouest. La rive occidentale devint surtout une vaste zone funéraire. Les souverains du Nouvel Empire furent inhumés dans la vallée des Rois, tandis que de grands temples funéraires furent édifiés à proximité, comme ceux d’Hatchepsout et de Ramsès III. Cette organisation séparant la ville des vivants, à l’est, et le domaine des morts, à l’ouest, a profondément marqué l’identité de la capitale thébaine.
Une capitale à replacer dans un réseau de centres
Thèbes était la capitale de référence du Nouvel Empire, mais elle n’était pas l’unique centre de pouvoir de l’Égypte. Memphis conserva une fonction administrative et militaire importante, notamment pour les relations avec le nord du pays et le Proche-Orient. De plus, sous le règne d’Akhenaton, la cour royale fut transférée à Akhetaton, l’actuelle Amarna, consacrée au culte d’Aton. À l’époque ramesside, d’autres résidences royales, dont Pi-Ramsès dans le delta, prirent également une grande importance. Ces déplacements temporaires ou ces fonctions partagées ne diminuent pas le rôle de Thèbes : pendant l’ensemble du Nouvel Empire, elle resta le principal foyer religieux et l’un des grands sièges de la monarchie.
Le changement de rôle après le Nouvel Empire
Après environ 1070 av. J.-C., au début de la XXIe dynastie et de la Troisième Période intermédiaire, le centre politique du pays se déplaça vers le nord, notamment vers Tanis. Thèbes conserva cependant un rôle religieux majeur. Le clergé d’Amon y demeura puissant et la ville resta le principal centre de la Haute-Égypte. Son influence politique changea donc de forme plutôt qu’elle ne disparut brutalement. Les temples de Karnak et de Louxor, ainsi que les nécropoles de la rive ouest, perpétuent encore aujourd’hui le souvenir de la capitale thébaine.
