Quelle est la région du monde la plus touchée par la désertification ?
La réponse
En savoir plus
La région la plus touchée par la désertification est l’Afrique subsaharienne, en particulier la zone du Sahel. Cette vaste bande de terres semi-arides s’étend au sud du Sahara et constitue une zone de transition entre le désert et les régions plus humides. La fragilité de ses écosystèmes, la fréquence des sécheresses et la forte dépendance des populations à l’agriculture et à l’élevage y rendent la dégradation des terres particulièrement préoccupante.
La désertification, une dégradation des terres
La désertification ne signifie pas que le désert avance de manière uniforme sur les territoires voisins. Elle désigne surtout la dégradation des terres situées dans les zones arides, semi-arides ou subhumides sèches. La végétation se raréfie, les sols perdent leur fertilité et l’érosion par le vent ou par l’eau devient plus importante. Lorsque ces évolutions se prolongent, les terres produisent moins et deviennent plus difficiles à exploiter. Le phénomène résulte de la combinaison de facteurs naturels, comme les périodes de sécheresse et la variabilité des précipitations, et de facteurs liés aux activités humaines.
Le Sahel au cœur de la vulnérabilité
Le Sahel est particulièrement exposé parce que ses ressources en eau et ses pâturages sont limités et irrégulièrement répartis. Les communautés rurales y dépendent largement des pluies pour cultiver les céréales et de la disponibilité des parcours pour élever le bétail. Une succession de saisons peu pluvieuses peut donc réduire les récoltes, raréfier les pâturages et affaiblir les troupeaux. La hausse des températures et l’évolution du climat peuvent encore accentuer le stress hydrique et rendre l’adaptation plus difficile, même si les effets ne sont pas identiques dans toutes les parties de la région.
Des pressions humaines qui aggravent le phénomène
La sécheresse n’explique pas à elle seule la désertification. La déforestation destinée à fournir du bois ou à ouvrir de nouvelles terres réduit la couverture végétale qui protège les sols. Le surpâturage, la culture répétée des mêmes parcelles sans restauration suffisante de leur fertilité et l’exploitation de terres particulièrement fragiles peuvent également accélérer leur dégradation. Dans certaines zones, la croissance des besoins en terres, en eau et en ressources végétales exerce une pression supplémentaire sur les milieux. Ces facteurs se renforcent mutuellement : un sol dégradé résiste moins bien aux épisodes secs, tandis qu’une sécheresse prolongée rend la végétation plus vulnérable.
Une menace pour les populations
La désertification menace directement la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de millions de personnes en Afrique subsaharienne. La baisse des rendements agricoles peut accroître la dépendance aux importations ou à l’aide alimentaire, tandis que la diminution des pâturages fragilise les éleveurs. La rareté des ressources peut aussi intensifier les tensions entre différents usages des terres et de l’eau, notamment entre agriculteurs et éleveurs, sans que la dégradation des terres soit la seule cause des conflits ou des déplacements de population. Les conséquences sont donc à la fois environnementales, économiques et sociales.
Restaurer les terres et soutenir l’adaptation
La lutte contre la désertification repose sur des solutions adaptées aux conditions locales. La restauration de la couverture végétale, la plantation ou la régénération d’espèces adaptées, la protection des sols, une meilleure gestion de l’eau et des pratiques agricoles moins épuisantes peuvent améliorer la résilience des territoires. Une gestion durable des pâturages permet également de limiter la pression sur les ressources. Des initiatives régionales et internationales, dont la Grande Muraille verte en Afrique, cherchent à restaurer les terres dégradées et à soutenir les communautés rurales. Leur efficacité dépend toutefois de la participation des populations locales, de financements durables et de politiques capables de tenir compte de la diversité des territoires sahéliens.
