Quelle est la plus grande mer intérieure du monde ?
La réponse
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La mer Caspienne est la plus grande masse d’eau enclavée du monde. Située entre l’Europe et l’Asie, elle couvre près de 370 000 kilomètres carrés et présente une particularité de classification : malgré son nom et ses eaux salées, elle est techniquement considérée comme un lac, puisqu’elle ne possède pas de connexion naturelle avec les océans. Ses dimensions, son histoire géologique et les ressources qu’elle renferme lui donnent toutefois l’apparence et l’importance d’une véritable mer intérieure.
Une mer par son apparence, un lac par sa définition
La distinction entre une mer et un lac ne repose pas uniquement sur la salinité ou la superficie. Dans le cas de la Caspienne, le critère déterminant est son caractère fermé, ou endoréique : l’eau s’y accumule sans s’écouler naturellement vers un océan. Son niveau dépend donc principalement des apports des cours d’eau, des précipitations et de l’évaporation. La salinité varie selon les secteurs et reste généralement inférieure à celle des océans, mais elle est suffisamment importante, avec l’immensité du bassin, pour expliquer l’usage traditionnel du terme « mer ».
Un vaste bassin entre cinq États
La mer Caspienne est bordée par cinq pays : la Russie au nord-ouest, le Kazakhstan au nord et au nord-est, le Turkménistan à l’est et au sud-est, l’Iran au sud, et l’Azerbaïdjan à l’ouest. Sa forme et ses profondeurs sont contrastées. La partie septentrionale est relativement peu profonde, tandis que les secteurs central et méridional comprennent des fosses beaucoup plus profondes. Le bassin reçoit les eaux de plusieurs fleuves, notamment de la Volga, qui constitue son principal apport fluvial. L’absence d’exutoire vers l’océan rend cependant son équilibre hydrologique particulièrement sensible aux variations du climat et des débits fluviaux.
Un écosystème remarquable
La Caspienne abrite une faune originale, dont plusieurs espèces endémiques. Le phoque de la Caspienne est le seul mammifère marin propre à ce bassin et compte parmi les plus petits représentants de la famille des phoques. La région est également connue pour ses esturgeons, notamment le béluga, dont les œufs sont à l’origine du caviar. Ces populations ont été affectées par la surpêche, la dégradation des habitats, la pollution et les modifications du régime des eaux. La préservation de cet écosystème dépend donc de la coopération des cinq pays riverains, car les pressions exercées dans une partie du bassin peuvent avoir des effets sur l’ensemble de la mer Caspienne.
Des ressources et un statut juridique particuliers
La Caspienne possède d’importantes ressources en hydrocarbures et occupe une position stratégique pour les échanges et les infrastructures énergétiques de la région. La répartition des fonds, des zones de pêche et des droits d’exploitation a longtemps suscité des désaccords entre les États riverains. La Convention sur le statut juridique de la mer Caspienne, signée en 2018 par ces cinq pays, a établi un cadre commun pour la navigation, la pêche, l’exploitation des fonds et la sécurité. Elle n’a toutefois pas supprimé toutes les négociations bilatérales concernant la délimitation de certaines zones. La Caspienne demeure ainsi à la fois un lac au sens géographique, une mer par son ampleur et un espace stratégique majeur pour l’Europe et l’Asie.
