Quelle est la plus grande étendue de mangroves protégées au monde ?
La réponse
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Le Sundarbans constitue la plus grande étendue de mangroves protégées au monde. Cette vaste forêt littorale s’étend à cheval entre le Bangladesh et l’Inde, dans le delta formé par le Gange, le Brahmapoutre et la Meghna, au bord du golfe du Bengale. Elle couvre environ 10 000 kilomètres carrés et forme un ensemble d’îles, de chenaux, de vasières et de forêts soumis aux variations des marées. Sa valeur écologique lui a valu une reconnaissance au patrimoine mondial de l’UNESCO, à travers des sites situés dans les deux pays.
Un delta façonné par l’eau
Le Sundarbans évolue au rythme des eaux douces venues des grands fleuves et des eaux salées du golfe du Bengale. Les sédiments transportés par les cours d’eau s’accumulent puis sont remaniés par les marées, ce qui contribue à la formation et à la transformation permanente des îles. Les chenaux qui traversent la forêt peuvent changer de tracé, tandis que la salinité varie selon les saisons et les apports d’eau douce. Les palétuviers sont adaptés à ces conditions difficiles : leurs racines leur permettent de se maintenir dans des sols meubles et régulièrement immergés, tout en favorisant la stabilisation des berges.
Un refuge pour une biodiversité remarquable
Cette mosaïque de milieux abrite une faune particulièrement riche. Le tigre du Bengale en est l’espèce emblématique, mais le Sundarbans accueille également des cerfs axis, des singes, des crocodiles marins et de nombreuses espèces d’oiseaux. Ses chenaux et ses zones vaseuses servent aussi d’habitat à des poissons, des crustacés et des dauphins. Les racines des mangroves offrent des abris aux jeunes animaux et constituent des zones essentielles pour la reproduction ou la croissance de nombreuses espèces aquatiques. La présence d’une faune terrestre et marine dans un même espace illustre le rôle de transition joué par cet écosystème entre le fleuve et la mer.
Une protection naturelle pour les côtes
Les mangroves du Sundarbans jouent un rôle important dans la protection des littoraux densément peuplés de la région. Leurs racines ralentissent les courants, retiennent une partie des sédiments et contribuent à limiter l’érosion des berges. La végétation peut également atténuer la force des vagues et des ondes de tempête lors des cyclones, sans toutefois supprimer totalement les risques. Les sols riches en matière organique stockent par ailleurs d’importantes quantités de carbone. La préservation de la forêt concerne donc à la fois la biodiversité, la stabilité des côtes et la sécurité des populations vivant dans les zones voisines.
Un patrimoine soumis à de fortes pressions
Malgré son statut de protection, le Sundarbans demeure fragile. L’élévation du niveau de la mer, l’augmentation de la salinité, l’érosion et la multiplication des phénomènes météorologiques violents peuvent modifier durablement les habitats. La pêche, la collecte de ressources forestières, la pollution et la transformation de certains espaces littoraux exercent également une pression sur l’écosystème. La conservation repose ainsi sur la surveillance des aires protégées, la coopération entre le Bangladesh et l’Inde et la participation des communautés locales. La protection du Sundarbans est essentielle pour maintenir le plus vaste ensemble mondial de mangroves protégées et les fonctions naturelles dont dépendent les rivages du golfe du Bengale.
