Quelle est la plus ancienne ville encore habitée au monde ?
La réponse
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Jéricho est généralement considérée comme la plus ancienne ville encore habitée au monde. Située en Palestine, dans la vallée du Jourdain, elle s’est développée autour d’une source abondante et d’une oasis particulièrement favorable à l’installation humaine. Ses origines remontent à environ 9 000 av. J.-C., selon les vestiges mis au jour sur le site archéologique de Tell es-Sultan. Jéricho ne se résume donc pas à une ville antique conservée dans son état d’origine : elle représente une longue histoire d’occupations, de transformations et de reconstructions dans un même espace géographique.
Les débuts de la sédentarité
Les premières communautés installées à Jéricho appartiennent à une période où les sociétés humaines commencent progressivement à abandonner un mode de vie exclusivement mobile. La présence de la source d’Ein es-Sultan, qui alimente une oasis au milieu d’une région aride, a fourni une raison décisive de rester sur place. À partir d’environ 9 000 av. J.-C., les habitants développent des formes de peuplement sédentaire et des pratiques agricoles. Il ne s’agit pas d’une fondation datée d’un jour précis, mais d’un processus graduel, révélé par les différentes couches archéologiques du site.
Les vestiges néolithiques témoignent déjà d’une organisation collective importante. Les habitants construisent des bâtiments et aménagent leur environnement avec des matériaux disponibles localement. Un mur et une tour en pierre, datés des premières phases du Néolithique, sont souvent associés aux plus anciennes fortifications connues. Leur fonction exacte peut être discutée, mais leur construction montre que cette communauté était capable de mobiliser une main-d’œuvre et de réaliser des ouvrages dépassant le cadre de la simple habitation. Jéricho constitue ainsi un témoignage majeur des débuts de la vie villageoise organisée et de l’essor de l’agriculture.
Un site archéologique exceptionnel
Tell es-Sultan est un tell, c’est-à-dire un monticule formé par l’accumulation de nombreuses couches d’occupation. Chaque période a laissé des traces de constructions, de sols et d’objets, permettant aux archéologues de suivre l’évolution du peuplement sur plusieurs millénaires. Cette stratification explique l’importance scientifique de Jéricho : le site documente une étape fondamentale de l’histoire humaine, celle du passage progressif de groupes de chasseurs-cueilleurs à des communautés sédentaires pratiquant l’agriculture.
La ville actuelle de Jéricho et le site ancien de Tell es-Sultan ne doivent toutefois pas être confondus avec une seule construction restée intacte depuis la Préhistoire. Les formes urbaines, les bâtiments et les centres d’occupation ont changé au fil du temps. L’expression ville encore habitée renvoie à la permanence exceptionnelle d’un établissement humain dans cette oasis et dans son environnement immédiat, plutôt qu’à la conservation continue des mêmes maisons ou à une succession parfaitement ininterrompue de toutes les phases archéologiques. Cette nuance permet de comprendre pourquoi Jéricho est citée parmi les plus anciennes villes vivantes du monde.
Une histoire devenue patrimoine mondial
Jéricho est également connue à travers les traditions bibliques, qui ont contribué à sa renommée, mais son ancienneté repose avant tout sur les recherches archéologiques menées à Tell es-Sultan. La valeur du site tient à la combinaison de plusieurs éléments : l’ancienneté du peuplement, les premières traces de sédentarité, les activités agricoles et les ouvrages collectifs construits par les habitants du Néolithique. En 2023, l’UNESCO a inscrit l’ancien Jéricho, Tell es-Sultan, sur la Liste du patrimoine mondial. La ville palestinienne contemporaine continue ainsi de côtoyer un site qui conserve les traces d’une des plus anciennes expériences urbaines et sédentaires connues, ce qui fait de Jéricho un lieu essentiel pour comprendre les débuts de la civilisation urbaine.
