Quelle est la particularité du criquet pèlerin et pourquoi est-il craint ?
La réponse
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Le criquet pèlerin, ou Schistocerca gregaria, est redouté moins pour sa présence isolée que pour sa capacité à changer de comportement et à former d’immenses essaims. Habituellement dispersés, les individus peuvent se multiplier rapidement lorsque les conditions deviennent favorables. Ils se regroupent alors en nuées capables de se déplacer sur de longues distances et de ravager les cultures. Cette aptitude fait du criquet pèlerin une menace récurrente pour les récoltes et la sécurité alimentaire, notamment en Afrique de l’Est et au Moyen-Orient.
Le passage de la phase solitaire à la phase grégaire
La particularité essentielle de cette espèce est son polyphénisme de phase. Selon la densité de la population et les conditions du milieu, le criquet pèlerin peut vivre sous une forme solitaire ou adopter une forme grégaire. Des pluies abondantes favorisent la pousse de la végétation et offrent aux criquets davantage de ressources pour se nourrir et se reproduire. Lorsque leur nombre augmente, les individus se rapprochent, changent de comportement et se rassemblent progressivement. Il ne s’agit pas d’une métamorphose au sens strict, mais d’un changement biologique et comportemental qui transforme une population dispersée en groupe organisé et mobile.
Des essaims capables de parcourir de vastes régions
Une fois la phase grégaire installée, les criquets peuvent former des essaims gigantesques comptant des milliards d’individus. Ces nuées se déplacent en profitant des vents et peuvent franchir les frontières, ce qui rend leur surveillance et leur contrôle particulièrement difficiles. Leur mobilité permet à une invasion de s’étendre rapidement d’une région à l’autre, surtout lorsque les conditions météorologiques restent favorables. Les zones arides et semi-arides d’Afrique, de la péninsule Arabique et du Moyen-Orient sont régulièrement exposées à ce phénomène, qui peut mettre en danger les cultures sur de très vastes territoires.
Pourquoi ces invasions sont si dévastatrices
La crainte suscitée par le criquet pèlerin tient surtout à la quantité de végétation consommée par un essaim. Dans les situations les plus importantes, celui-ci peut dévorer jusqu’à 200 000 tonnes de végétation par jour. Les cultures vivrières, les pâturages et d’autres ressources agricoles peuvent ainsi être détruits en peu de temps. Les dégâts entraînent des pertes agricoles massives et peuvent aggraver l’insécurité alimentaire, voire contribuer à des famines lorsque les populations touchées disposent de réserves limitées. C’est pourquoi les invasions de criquets pèlerins font l’objet d’une surveillance internationale et d’opérations de lutte destinées à intervenir avant que les essaims n’atteignent leur ampleur maximale.
