Quelle est la particularité des méduses immortelles ?
La réponse
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Chez la plupart des méduses, la forme adulte constitue l’aboutissement du cycle de vie : après s’être développée et reproduite, elle finit par mourir. Turritopsis dohrnii fait exception. Surnommée la « méduse immortelle », cette petite espèce peut revenir à un stade juvénile après avoir atteint l’âge adulte. Elle ne devient pas invulnérable pour autant, mais elle possède une capacité rare à inverser son développement et à éviter la mort liée au vieillissement.
Un cycle de vie capable de s’inverser
Comme de nombreux cnidaires, Turritopsis dohrnii alterne deux grandes formes. Le polype, fixé à un support, se reproduit de manière asexuée et donne naissance à de jeunes méduses. La méduse adulte, libre dans l’eau, assure ensuite la reproduction sexuée. Chez cette espèce, toutefois, le passage vers la forme adulte n’est pas nécessairement irréversible. Lorsqu’elle est blessée, soumise à un stress important ou arrivée à la fin de son cycle, la méduse peut se contracter, perdre progressivement sa structure et revenir à l’état de polype. Ce polype peut ensuite produire de nouvelles méduses. Le cycle de vie est ainsi susceptible de recommencer, potentiellement indéfiniment lorsque les conditions nécessaires sont réunies.
La transdifférenciation, un phénomène cellulaire exceptionnel
Cette capacité repose notamment sur un mécanisme appelé transdifférenciation. Des cellules déjà spécialisées changent de fonction et participent à la formation de tissus correspondant à un stade antérieur du développement. Il ne s’agit donc pas d’une simple cicatrisation ou d’une régénération limitée d’un organe : l’organisation générale de l’animal est profondément remaniée pour permettre le retour vers la forme de polype. La méduse ne rajeunit pas seulement en apparence ; elle réactive une étape précédente de son cycle biologique. Ce phénomène distingue Turritopsis dohrnii de la plupart des animaux adultes, chez lesquels le développement suit une trajectoire pratiquement irréversible.
Une immortalité relative, étudiée par la science
L’expression « méduse immortelle » désigne une immortalité biologique particulière : dans des conditions favorables, l’espèce peut échapper au vieillissement normal en revenant à un stade juvénile. Elle peut néanmoins être tuée par un prédateur, une maladie ou une dégradation de son environnement. Il ne s’agit donc pas d’une absence absolue de mortalité. Découverte et étudiée à partir des années 1990, Turritopsis dohrnii intéresse les biologistes parce que ses mécanismes de réjuvénation pourraient aider à mieux comprendre le vieillissement et la capacité des cellules à changer d’identité. Ces recherches peuvent éclairer la biologie humaine, mais elles ne signifient pas qu’un procédé comparable permettrait aujourd’hui d’inverser le vieillissement chez l’être humain.
