Frontières des pays

Quelle est la frontière la plus longue du monde entre deux pays ?

La réponse

La frontière la plus longue du monde entre deux pays est celle qui sépare le Canada des États-Unis, avec une longueur totale de 8 891 kilomètres. C’est également la plus longue frontière internationale non militarisée au monde, définie par plusieurs traités historiques.

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Avec une longueur totale de 8 891 kilomètres, la frontière entre le Canada et les États-Unis est la plus longue frontière internationale entre deux pays. Elle comprend notamment la limite qui sépare le Canada des États américains contigus, ainsi que celle qui sépare le Canada de l’Alaska. Cette frontière est également considérée comme la plus longue frontière internationale non militarisée au monde. Elle ne constitue toutefois pas une ligne parfaitement uniforme : certains de ses tronçons suivent des cours d’eau, des lacs ou des parallèles géographiques.

Une frontière définie par plusieurs traités

La délimitation entre les deux pays s’est construite progressivement, au fil de plusieurs accords. Le traité de Paris de 1783, qui mit fin à la guerre d’Indépendance américaine, fixa une première frontière entre les États-Unis et les territoires britanniques d’Amérique du Nord, mais certaines dispositions restèrent imprécises ou difficiles à appliquer. D’autres textes précisèrent ensuite le tracé, notamment le traité de Jay de 1794, la convention de 1818, le traité Webster-Ashburton de 1842 et le traité de l’Oregon de 1846. La convention de 1818 établit notamment le 49e parallèle sur une longue portion comprise entre le lac des Bois et les montagnes Rocheuses. Le différend concernant la frontière de l’Alaska fut, quant à lui, réglé par l’arbitrage de 1903. La frontière actuelle est donc le résultat d’une longue succession de négociations, d’arbitrages et de travaux de démarcation.

Une limite qui traverse des milieux très variés

Sur près de 8 900 kilomètres, la frontière traverse des paysages extrêmement différents. Elle passe par des forêts et des zones humides, longe ou traverse plusieurs grands ensembles lacustres et fluviaux, franchit les Grandes Plaines et atteint les régions montagneuses de l’Ouest. Une partie importante du tracé suit des éléments naturels, tandis que d’autres portions reposent sur des lignes géométriques, comme le 49e parallèle. La limite entre les deux pays comprend donc à la fois des sections terrestres et des sections liées à des eaux frontalières. Des organismes spécialisés et des commissions binationales ont été chargés d’en préciser le tracé, d’entretenir les repères et de régler les difficultés d’interprétation.

Une frontière non militarisée, mais surveillée

Le caractère non militarisé de cette frontière signifie qu’elle n’est pas organisée autour d’une ligne continue de fortifications ou d’un déploiement militaire permanent. Cela ne signifie pas qu’elle soit dépourvue de contrôles. Les deux États disposent de postes-frontières, de services douaniers et d’administrations chargées de l’immigration et de la sécurité. La coopération bilatérale s’étend aussi à la défense du continent nord-américain : créé en 1958, le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord, ou NORAD, associe les forces canadiennes et américaines pour la surveillance et la défense aérospatiales. Cette collaboration relève de la sécurité continentale et ne transforme pas pour autant la frontière en zone militarisée.

Un espace de relations humaines et environnementales

La frontière relie de nombreuses régions dont les échanges sont étroitement imbriqués. Dans la région des Grands Lacs, l’agglomération formée par Detroit, aux États-Unis, et Windsor, au Canada, illustre cette proximité : les infrastructures, les entreprises et les populations y entretiennent des relations transfrontalières constantes, même si les contrôles douaniers demeurent applicables. Les enjeux environnementaux sont eux aussi communs. La pollution des eaux, la gestion des niveaux des lacs et la protection des écosystèmes ne peuvent pas toujours être traitées séparément par chaque pays. Le Traité des eaux limitrophes de 1909 a institué la Commission mixte internationale, qui contribue à prévenir et à résoudre les différends liés aux eaux partagées. La longueur exceptionnelle de cette frontière s’accompagne ainsi d’une interdépendance géographique, économique et écologique durable.

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