Quelle est la frontière la plus courte entre deux pays souverains ?
La réponse
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Sur la côte méditerranéenne du Maroc, un minuscule territoire espagnol forme l’un des cas les plus singuliers de la géographie politique contemporaine. Le Peñón de Vélez de la Gomera, un rocher appartenant à l’Espagne, est relié au littoral marocain par une étroite bande de terre. C’est sur cet isthme que se trouve la frontière terrestre la plus courte entre deux pays souverains : elle mesure environ 85 mètres.
Un rocher espagnol sur la côte marocaine
Le Peñón de Vélez de la Gomera se trouve dans la région du Rif, sur la côte méditerranéenne du Maroc, à l’ouest de Melilla. Il fait partie des possessions espagnoles d’Afrique du Nord souvent désignées sous le nom de « plazas de soberanía ». À l’origine, le Peñón était une île séparée du continent. Il a ensuite été relié au rivage par un isthme sableux, créant un contact terrestre direct entre le territoire espagnol et le Maroc. Cette configuration explique la brièveté exceptionnelle de la frontière : les deux pays ne se touchent sur la terre ferme qu’au niveau de cette bande étroite.
Une présence espagnole ancienne
La présence espagnole sur le rocher remonte au début du XVIe siècle. Elle s’inscrit dans une période où plusieurs positions fortifiées de la côte nord-africaine sont passées sous contrôle espagnol. Lorsque le Maroc a accédé à l’indépendance en 1956, le Peñón de Vélez de la Gomera est resté sous souveraineté espagnole, comme d’autres territoires espagnols situés sur ou près de la côte marocaine. Il est aujourd’hui administré par l’Espagne et associé à une présence militaire, plutôt qu’à une population civile importante ou à une agglomération classique.
Une frontière réelle, mais sans passage ordinaire
La limite internationale située sur l’isthme est bien une frontière terrestre entre l’Espagne et le Maroc, même si elle ne ressemble pas aux frontières parcourues par les voyageurs et les marchandises. Le Peñón est un territoire de petite taille et d’accès contrôlé ; il n’y existe pas de poste-frontière routier comparable à ceux de Ceuta ou de Melilla. La frontière est donc surtout une réalité juridique et cartographique. La revendication marocaine sur plusieurs possessions espagnoles d’Afrique du Nord ajoute à cette situation une dimension diplomatique, sans modifier la mesure généralement retenue pour le segment frontalier du Peñón : environ 85 mètres.
Une confusion avec d’autres micro-frontières
Le Peñón de Vélez de la Gomera est parfois éclipsé par la frontière entre le Botswana et la Zambie, souvent citée dans les listes de records géographiques en raison d’un tracé d’environ 150 mètres dans la région du Zambèze. Cette frontière est toutefois plus longue que celle qui sépare l’Espagne du Maroc au Peñón. La frontière terrestre entre l’Espagne et le Royaume-Uni, à Gibraltar, est également très courte à l’échelle internationale, mais elle mesure environ 1,2 kilomètre. Ces comparaisons montrent que le classement dépend de la définition retenue et de la distinction entre une frontière terrestre, une limite maritime ou le simple contact entre deux territoires. Dans le cas du Peñón, le critère est précis : un segment terrestre d’environ 85 mètres entre deux États souverains.
