Forêts du monde

Quelle est la forêt la plus menacée au monde et pourquoi ?

La réponse

La forêt atlantique, située au Brésil, est lune des forêts les plus menacées au monde. Elle a perdu plus de 90 % de sa surface dorigine en raison de lexpansion agricole, notamment pour la culture du soja et lélevage du bétail, ainsi que de lurbanisation croissante. Cette forêt abrite une biodiversité exceptionnelle, avec de nombreuses espèces endémiques, mais elle est aujourdhui considérée comme un point chaud de la biodiversité en danger critique.

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La forêt atlantique, ou Mata Atlântica, s’étend le long de la côte est du Brésil, des États du Rio Grande do Sul jusqu’au nord de l’État de Rio Grande do Norte. Ce biome unique, qui alterne entre forêts tropicales humides, mangroves et zones de transition vers la caatinga et le cerrado, abrite aujourd’hui moins de 10 % de sa couverture d’origine. Son déclin spectaculaire en fait l’un des écosystèmes les plus fragilisés de la planète, bien que son rôle écologique et culturel reste immense.

Une biodiversité unique au monde

La forêt atlantique est souvent décrite comme un "continent de biodiversité" en raison de sa concentration exceptionnelle en espèces endémiques. On y recense plus de 20 000 plantes vasculaires, dont environ 8 000 ne poussent nulle part ailleurs. Parmi ses habitants emblématiques figurent le tamarin lion doré, le singe hurleur noir et le coq-de-roche, un oiseau aux plumes écarlates dont le plumage sert de symbole culturel dans certaines régions. Les scientifiques estiment que près de 90 % des amphibiens et des reptiles de ce biome sont endémiques, ce qui souligne son importance pour la conservation mondiale.

Les causes d’une disparition accélérée

L’expansion agricole massive, notamment pour la culture du soja et l’élevage bovin, constitue la principale menace pesant sur la forêt atlantique. Depuis les années 1960, les politiques de développement rural au Brésil ont encouragé la conversion des terres forestières en pâturages et en champs de monocultures. L’urbanisation incontrôlée, avec des villes comme São Paulo ou Rio de Janeiro grignotant les lisières de la forêt, a également fragmenté les habitats naturels. Les projets d’infrastructures, tels que les barrages hydroélectriques, ont submergé des zones entières, aggravant la perte de biodiversité.

Un point chaud de la conservation sous pression

En 2021, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a classé la forêt atlantique comme un "point chaud de la biodiversité en danger critique". Ce statut, partagé avec seulement quelques autres écosystèmes dans le monde, signifie que plus de 70 % de sa végétation originale a disparu et que la majorité des espèces restantes sont en déclin. Les aires protégées, bien que nombreuses, couvrent moins de 25 % de la surface restante et souffrent souvent de ressources insuffisantes pour une protection efficace. Les incendies, souvent liés à des pratiques agricoles, aggravent encore la situation.

Les initiatives locales et internationales face au déclin

Malgré l’ampleur de la crise, des efforts de conservation émergent, portés par des organisations locales et des communautés autochtones. Le projet "Restaurer a Mata Atlântica" vise à replanter 15 millions d’arbres d’ici 2030, en utilisant des espèces natives pour recréer des corridors écologiques. Des programmes de paiement pour services écosystémiques, comme celui de l’État de Espírito Santo, récompensent les propriétaires terriens qui préservent leurs parcelles. À l’échelle internationale, des partenariats entre le Brésil et l’Union européenne cherchent à promouvoir une agriculture durable dans les zones adjacentes à la forêt.