Quelle est la forêt la plus menacée au monde ?
La réponse
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La forêt atlantique, ou Mata Atlântica, s’étend le long de la côte est du Brésil, des États du Rio Grande do Norte à Rio Grande do Sul, en passant par des régions densément peuplées comme São Paulo et Rio de Janeiro. Ce biome unique, qui couvre à l’origine près de 1,5 million de kilomètres carrés, abrite une biodiversité exceptionnelle, avec des milliers d’espèces végétales et animales que l’on ne trouve nulle part ailleurs sur la planète. Pourtant, malgré son importance écologique, il figure aujourd’hui parmi les écosystèmes les plus dégradés et les plus menacés de la planète.
L’impact de la déforestation historique et récente
La Mata Atlântica a subi une destruction massive depuis l’arrivée des colons européens au XVIᵉ siècle. L’expansion des plantations de canne à sucre, puis de café, ainsi que l’urbanisation rapide des zones côtières, ont réduit sa surface de plus de 93 % depuis 1500. Selon des données de la Fondation SOS Mata Atlântica, il ne reste aujourd’hui qu’environ 12 à 15 % de la couverture forestière originale. Les dernières décennies ont vu une accélération de la déforestation dans certaines zones, notamment en raison de l’agriculture intensive, de l’exploitation minière et de l’étalement urbain. Les fragments restants, souvent isolés, sont vulnérables aux incendies, à l’invasion d’espèces exotiques et aux changements climatiques.
Des espèces emblématiques au bord de l’extinction
La fragmentation de la forêt menace directement des centaines d’espèces endémiques, dont certaines sont devenues des symboles de la conservation. Le tamarin-lion doré, un petit primate aux traits distinctifs, ne survit plus que dans quelques poches de forêt résiduelle de l’État de Bahia. Le paresseux à gorge rousse et le toucanet à bec rouge, tous deux endémiques à la Mata Atlântica, voient leurs populations décliner en raison de la perte d’habitat. Une étude publiée dans la revue Biological Conservation en 2021 a révélé que plus de 200 espèces d’oiseaux de la forêt atlantique sont classées comme menacées à différents niveaux, ce qui en fait un hotspot de biodiversité prioritaire pour les programmes de conservation internationaux.
Des initiatives de restauration et de protection en cours
Face à cette situation critique, des efforts de restauration et de protection se multiplient. En 2006, le Brésil a lancé le programme Pacto pela Restauração da Mata Atlântica, visant à restaurer 15 millions d’hectares de forêt d’ici 2050. Des organisations locales et internationales, comme l’ONG Instituto Terra, plantent des arbres indigènes et réhabilitent des zones dégradées en collaboration avec les communautés locales. Les aires protégées, comme le parc national de la Serra do Mar, jouent également un rôle clé dans la préservation des derniers grands blocs forestiers. Cependant, ces initiatives se heurtent souvent à des obstacles politiques et économiques, notamment la pression des lobbies agricoles et miniers.
Un écosystème irremplaçable pour le climat et les populations
La Mata Atlântica ne se limite pas à sa biodiversité : elle joue aussi un rôle crucial dans la régulation du climat et la fourniture de services écosystémiques essentiels. Ses forêts captent d’importantes quantités de CO₂, contribuant à atténuer les effets du changement climatique. Elles alimentent également les bassins hydrographiques qui approvisionnent en eau des millions de personnes dans le sud-est du Brésil. De plus, elle abrite des ressources génétiques utilisées dans la médecine traditionnelle et moderne. La disparition de cet écosystème aurait donc des conséquences bien au-delà des frontières brésiliennes, affectant la stabilité environnementale et sociale de toute la région.