Quelle est la différence entre la fission et la fusion nucléaire ?
La réponse
En savoir plus
La fission et la fusion nucléaire sont deux réactions qui modifient les noyaux des atomes et peuvent libérer une grande quantité d’énergie. Elles suivent toutefois des mécanismes opposés : la fission casse un noyau atomique lourd en noyaux plus légers, tandis que la fusion assemble des noyaux légers pour en former un plus lourd. Dans les deux cas, l’énergie libérée provient d’une légère différence de masse entre les noyaux avant et après la réaction, convertie en énergie selon la relation E = mc².
La fission : diviser un noyau lourd
La fission nucléaire concerne notamment des noyaux lourds comme ceux de certains isotopes de l’uranium ou du plutonium. Lorsqu’un noyau fissile absorbe un neutron, il peut devenir instable et se scinder en deux noyaux plus légers. La réaction libère également de l’énergie et plusieurs neutrons. Ces neutrons peuvent provoquer à leur tour la fission d’autres noyaux : il s’agit d’une réaction en chaîne. Dans un réacteur nucléaire, cette réaction est contrôlée afin de produire de la chaleur, qui sert ensuite à fabriquer de la vapeur et à entraîner une turbine pour produire de l’électricité. Les produits de fission sont souvent radioactifs et doivent être confinés et gérés sur le long terme.
La fusion : assembler des noyaux légers
La fusion nucléaire produit de l’énergie en réunissant deux noyaux légers. Sur Terre, les recherches utilisent notamment le deutérium et le tritium, deux isotopes de l’hydrogène. Leur fusion forme un noyau d’hélium et libère aussi un neutron ainsi qu’une importante quantité d’énergie. Comme les noyaux portent tous deux une charge électrique positive, ils se repoussent naturellement. Il faut donc atteindre des températures très élevées et maintenir la matière à l’état de plasma dans des conditions permettant aux noyaux de se rapprocher suffisamment. Dans le Soleil, la fusion transforme des noyaux d’hydrogène en hélium et constitue la source de son énergie et de sa lumière.
Des conditions et des enjeux différents
La fission peut entretenir une réaction en chaîne, ce qui permet son exploitation dans les centrales nucléaires actuelles. La fusion, elle, ne repose pas sur ce type de réaction auto-entretenue : si les conditions de température et de confinement ne sont plus réunies, la réaction s’interrompt. La fusion ne produit pas les mêmes déchets que la fission, puisqu’elle ne génère pas de fragments de noyaux lourds issus d’une réaction en chaîne. Elle n’est toutefois pas totalement dépourvue d’enjeux radiologiques : le tritium est radioactif et les neutrons produits peuvent activer les matériaux qui entourent le plasma. La nature et la gestion des déchets potentiels diffèrent donc de celles des réacteurs à fission.
Deux niveaux de maturité technologique
La fission est utilisée depuis plusieurs décennies pour produire de l’électricité dans des réacteurs industriels. Elle s’accompagne de questions importantes liées à la sûreté, aux accidents possibles, à la gestion des déchets radioactifs et à la disponibilité des combustibles. La fusion nucléaire est, quant à elle, naturellement présente dans les étoiles, mais elle n’est pas encore une technologie industrielle de production d’électricité. Des installations expérimentales cherchent à maintenir un plasma assez longtemps et dans des conditions assez stables pour obtenir une réaction maîtrisée et exploitable. Ainsi, la différence essentielle reste simple : la fission divise un noyau lourd, alors que la fusion réunit des noyaux légers ; toutes deux libèrent de l’énergie, mais elles ne nécessitent ni les mêmes conditions ni les mêmes dispositifs.
