Évolution des espèces

Quelle est la différence entre l'évolution et la sélection naturelle ?

La réponse

L'évolution désigne l'ensemble des changements génétiques et phénotypiques qui se produisent dans une population sur plusieurs générations. La sélection naturelle est un mécanisme spécifique de l'évolution où certains traits héréditaires confèrent un avantage reproductif, favorisant ainsi leur transmission. En résumé, la sélection naturelle est un processus majeur de l'évolution, mais celle-ci inclut aussi d'autres mécanismes comme les mutations ou la dérive génétique.

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L’évolution et la sélection naturelle sont liées, mais elles ne désignent pas le même phénomène. L’évolution constitue le cadre général : elle correspond à l’ensemble des changements génétiques et phénotypiques qui se produisent dans une population au fil des générations. La sélection naturelle est, quant à elle, un mécanisme particulier capable de provoquer ces changements. Elle favorise certains caractères héréditaires lorsque leurs porteurs ont, dans un environnement donné, davantage de chances de survivre ou de se reproduire. Ainsi, la sélection naturelle participe à l’évolution sans en être l’unique cause.

L’évolution concerne les populations

Un individu ne change pas génétiquement parce qu’il en aurait besoin au cours de sa vie. L’évolution se mesure à l’échelle d’une population et de plusieurs générations, notamment par la modification de la fréquence de certaines variantes génétiques, appelées allèles. Ces changements peuvent entraîner une évolution des caractères observables, comme la taille, la couleur ou la résistance à une maladie, mais ils peuvent aussi rester peu visibles. Il faut également distinguer une modification héréditaire d’une simple variation due à l’environnement : par exemple, un changement de développement provoqué par les conditions de vie n’est pas nécessairement une évolution si cette caractéristique n’est pas transmise à la descendance.

La sélection naturelle, un mécanisme de tri

Pour qu’il y ait sélection naturelle, trois éléments sont généralement réunis : une variation entre les individus, une part héréditaire de cette variation et une différence de succès reproductif. Si un caractère héréditaire permet à ses porteurs de laisser davantage de descendants dans un environnement donné, la variante génétique associée à ce caractère peut devenir plus fréquente au fil des générations. L’avantage n’est toutefois pas absolu : un même trait peut être favorable dans un contexte et défavorable dans un autre. La sélection naturelle n’a pas de but prédéfini et ne produit pas forcément des organismes « meilleurs » en général ; elle favorise des caractéristiques qui augmentent la réussite reproductive relative dans des conditions particulières.

D’autres mécanismes produisent des changements évolutifs

L’évolution ne dépend pas uniquement de la sélection naturelle. Les mutations peuvent créer de nouvelles variantes de l’ADN ; elles apparaissent sans être dirigées par les besoins futurs de l’organisme. La recombinaison génétique, notamment lors de la reproduction sexuée, réorganise ensuite des variantes déjà présentes. La dérive génétique modifie les fréquences des allèles par le seul effet du hasard, et son influence peut être importante dans les petites populations ou après une forte réduction de leurs effectifs. Le flux de gènes, c’est-à-dire le passage de variantes génétiques d’une population à une autre, peut également modifier leur composition. Ces mécanismes peuvent agir seuls ou en même temps que la sélection.

Un exemple : la résistance aux antibiotiques

La résistance aux antibiotiques illustre clairement la différence entre les deux notions. Dans une population bactérienne, des variantes génétiques conférant une résistance peuvent apparaître par mutation ou être acquises par d’autres voies. En présence de l’antibiotique, les bactéries sensibles ont en moyenne moins de chances de se multiplier, tandis que les bactéries résistantes peuvent davantage survivre et se reproduire. La sélection naturelle augmente alors la fréquence des variantes de résistance : elle ne les crée pas pour répondre au traitement, mais favorise celles qui étaient déjà présentes ou qui apparaissent indépendamment de ce besoin. L’évolution désigne donc le changement global de la population, tandis que la sélection naturelle décrit le processus particulier qui explique ici la propagation de certaines variantes.

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