Quelle est la conséquence principale de la fonte du permafrost en Arctique ?
La réponse
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Le permafrost, ou pergélisol, désigne la couche de sol qui reste gelée pendant au moins deux années consécutives. Présent sur de vastes territoires arctiques, il renferme de grandes quantités de matière organique accumulée au fil des siècles et des millénaires. Avec l’augmentation des températures, son dégel constitue l’une des principales conséquences climatiques du réchauffement de l’Arctique : il remet en circulation du carbone jusque-là immobilisé et peut ainsi renforcer le réchauffement mondial.
Un carbone libéré par le dégel
Lorsque le permafrost dégèle, les micro-organismes présents dans le sol peuvent décomposer la matière organique qui était restée préservée par le froid. Cette décomposition produit principalement du dioxyde de carbone et, dans les milieux pauvres en oxygène comme certaines zones humides, du méthane. Ces gaz à effet de serre rejoignent alors l’atmosphère, alors que le carbone était auparavant stocké dans le sol gelé. La quantité effectivement libérée dépend notamment de la vitesse du dégel, de l’humidité du sol et de la végétation, mais l’importance du stock de carbone rend ce phénomène préoccupant à l’échelle planétaire.
Un cercle vicieux climatique
La libération de dioxyde de carbone et de méthane accroît l’effet de serre et contribue à une nouvelle hausse des températures. Celle-ci favorise à son tour le dégel d’autres portions de permafrost : un mécanisme de rétroaction s’installe. Le phénomène ne constitue donc pas seulement une conséquence du changement climatique ; il peut aussi en devenir un facteur aggravant. Le méthane exerce un effet réchauffant particulièrement important sur des périodes relativement courtes, tandis que le dioxyde de carbone peut rester durablement présent dans l’atmosphère. Cette rétroaction complique ainsi les efforts visant à limiter le réchauffement.
Des bouleversements pour les milieux et les populations
Le dégel du permafrost ne se limite pas aux émissions de gaz à effet de serre. En perdant sa cohésion, le sol peut s’affaisser, se fissurer ou être davantage touché par l’érosion, ce qui transforme les paysages et perturbe les écosystèmes arctiques. La formation de dépressions et de zones humides nouvelles peut modifier les habitats et les ressources disponibles pour la faune. Ces changements affectent aussi les populations qui dépendent de ces milieux pour leurs activités traditionnelles.
Des infrastructures fragilisées
Les routes, les bâtiments, les pistes d’atterrissage, les canalisations et d’autres infrastructures construites sur un sol gelé peuvent être déstabilisés par le dégel. L’affaissement irrégulier du terrain provoque des déformations et des fissures, et complique l’entretien des équipements dans les régions arctiques. Ces dégâts représentent un coût important pour les collectivités. Ainsi, même si ses effets locaux sont multiples, la conséquence principale du dégel du permafrost reste la libération de gaz à effet de serre, qui renforce le réchauffement climatique et entretient une boucle de rétroaction préoccupante.
