Quelle est la cause principale de la désertification en Afrique subsaharienne ?
La réponse
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En Afrique subsaharienne, la désertification désigne la dégradation des terres dans les régions arides, semi-arides et subhumides sèches. Elle ne correspond pas nécessairement à l’avancée d’un désert au sens strict : elle se manifeste surtout par la diminution de la végétation, l’érosion et la perte progressive de fertilité des sols. Sa cause principale réside dans la combinaison de sécheresses prolongées, de la déforestation et de pratiques agricoles non durables. En réduisant la couverture végétale et la capacité des sols à retenir l’eau, ces facteurs se renforcent mutuellement.
La sécheresse, un facteur déclencheur
Les périodes prolongées de faibles précipitations diminuent l’humidité des sols, ralentissent la croissance des plantes et réduisent la disponibilité de l’eau pour les cultures et l’élevage. Lorsque la végétation s’affaiblit, le sol est davantage exposé au vent et au ruissellement. La sécheresse ne suffit toutefois pas toujours, à elle seule, à provoquer une dégradation durable : un écosystème peut se rétablir après le retour des pluies si la végétation et les sols n’ont pas été trop fortement perturbés. En revanche, lorsque les terres sont déjà surexploitées ou déboisées, une succession de saisons sèches peut accélérer fortement leur appauvrissement. La variabilité des précipitations constitue donc un facteur naturel important, dont les effets sont amplifiés par les activités humaines.
La déforestation fragilise les sols
La coupe des arbres et des arbustes pour obtenir du bois de chauffage, étendre les surfaces cultivées ou répondre aux besoins locaux réduit la protection naturelle des terres. Les racines contribuent à stabiliser le sol, tandis que la couverture végétale limite l’impact des pluies, ralentit le ruissellement et favorise l’infiltration de l’eau. Lorsque cette couverture disparaît, la couche superficielle, souvent la plus fertile, peut être emportée par l’érosion éolienne ou hydrique. La disparition de la végétation réduit également les apports de matière organique et l’ombre qui contribuent au maintien de l’humidité. Les sols deviennent alors moins aptes à soutenir la croissance des plantes, ce qui rend la régénération naturelle plus difficile, notamment pendant les épisodes de sécheresse.
Des pratiques agricoles qui épuisent les terres
La mise en culture répétée des mêmes parcelles, la réduction des périodes de jachère, le travail du sol sans mesures suffisantes de conservation et l’exploitation de terres fragiles peuvent épuiser progressivement les nutriments. Dans certaines zones, l’augmentation des besoins alimentaires pousse aussi à cultiver des terres marginales, plus vulnérables à l’érosion et au manque d’eau. Lorsque les rendements diminuent, l’extension des cultures ou le défrichement de nouvelles parcelles peuvent accentuer la pression sur les milieux naturels. Le surpâturage peut également supprimer la végétation nécessaire à la protection du sol dans les régions d’élevage. Ainsi se forme un cercle vicieux : la déforestation et les pratiques agricoles inadaptées diminuent la fertilité et la rétention de l’eau, tandis que la sécheresse aggrave ces dégradations. La désertification résulte donc moins d’une cause unique que de l’action conjointe de ces facteurs.
