Expressions du monde

Quelle est l'origine de l'expression « faire la part du feu » ?

La réponse

L'expression vient d'une pratique de lutte contre les incendies : on abandonne une partie d'un bâtiment ou d'une zone pour empêcher le feu de se propager et sauver le reste.

En savoir plus

L’expression « faire la part du feu » vient d’une pratique ancienne de lutte contre les incendies. Lorsqu’un feu est trop étendu pour être éteint partout à la fois, il peut être nécessaire de renoncer à sauver une partie d’un bâtiment ou d’une zone afin d’empêcher les flammes de gagner les constructions voisines et de préserver le reste. La « part du feu » désigne ainsi ce que l’on accepte de laisser brûler pour éviter une destruction plus importante.

Une décision prise face à l’incendie

Dans un incendie, les flammes se propagent facilement d’un espace à l’autre, notamment lorsque les bâtiments sont proches ou que les matériaux sont très combustibles. Pour limiter cette progression, les personnes qui interviennent peuvent isoler le foyer en retirant des éléments inflammables, en créant un espace séparateur ou, dans certains cas, en renonçant à une construction déjà trop menacée. Cette stratégie revient à concentrer les efforts sur les parties qu’il est encore possible de protéger, plutôt qu’à risquer de tout perdre en voulant préserver chaque élément.

Le passage au sens figuré

À partir de cette image concrète, « faire la part du feu » a pris un sens figuré. L’expression signifie accepter un sacrifice, une perte ou un dommage limité pour sauvegarder l’essentiel. Elle peut s’employer lorsqu’il faut abandonner un avantage, une partie d’un projet ou un élément secondaire afin de maintenir l’ensemble. Le feu n’est alors plus réel : il représente la menace ou la crise, tandis que la part abandonnée correspond à ce que l’on choisit de ne pas chercher à sauver à tout prix.

Une origine distincte des stratégies diplomatiques

L’expression ne vient donc pas du traité de Westphalie, des négociations diplomatiques ni d’une tactique militaire particulière. Son origine est directement liée à la gestion pratique des incendies. Les emplois modernes dans la politique, l’économie, les relations professionnelles ou la vie quotidienne ne sont que des prolongements métaphoriques de cette situation initiale : pour protéger le reste, il faut parfois laisser le feu prendre une partie de ce qui est menacé.

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