Environnement

Quelle énergie renouvelable est la plus utilisée dans le monde en 2023 ?

La réponse

Lénergie hydraulique est la source dénergie renouvelable la plus utilisée dans le monde en 2023, représentant environ 16 % de la production mondiale délectricité. Elle est suivie par lénergie éolienne et l'énergie solaire, qui connaissent une croissance rapide grâce aux progrès technologiques et aux politiques de transition énergétique.

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En 2023, l’hydraulique domine toujours le paysage des énergies renouvelables à l’échelle mondiale, bien que son avance se mesure désormais dans un contexte de diversification accélérée. Cette source, exploitée depuis plus d’un siècle, reste un pilier de la production électrique verte grâce à sa maturité technologique et à sa capacité à fournir une énergie stable et pilotable. Pourtant, son hégémonie est aujourd’hui questionnée par l’essor spectaculaire d’autres filières, qui redessinent les contours de la transition énergétique.

L’hydraulique, une technologie historique au cœur de la transition

L’énergie hydraulique s’impose comme la première source renouvelable mondiale depuis des décennies, grâce à des infrastructures emblématiques comme les barrages ou les stations de pompage-turbinage. En 2023, elle couvre environ 16 % de la production électrique globale, selon les données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Son principal atout réside dans sa capacité à produire de l’électricité de manière continue, contrairement à d’autres énergies renouvelables intermittentes. Les pays dotés de reliefs marqués ou de grands bassins fluviaux, comme la Chine, le Brésil ou les États-Unis, en font un levier majeur de leur mix énergétique. Cependant, son développement se heurte désormais à des contraintes environnementales et sociales, notamment en raison de l’impact des retenues d’eau sur les écosystèmes aquatiques.

L’éolien et le solaire, les locomotives d’une croissance inédite

Si l’hydraulique conserve la première place, l’éolien et le solaire affichent une progression fulgurante, portée par des coûts de production en chute libre et des politiques publiques ambitieuses. En 2023, ces deux filières représentent ensemble près de 12 % de la production électrique mondiale, un chiffre qui pourrait doubler d’ici à 2030 selon les projections de l’AIE. L’Europe, avec son parc éolien offshore en expansion, et la Chine, leader mondial en solaire photovoltaïque, illustrent cette dynamique. Leur avantage ? Une modularité adaptée aux zones urbaines et rurales, ainsi qu’une empreinte au sol réduite par rapport aux grands barrages. Toutefois, leur intermittence impose le recours à des solutions de stockage ou à des réseaux intelligents pour garantir l’équilibre du système électrique.

Les défis géopolitiques et technologiques de l’hydraulique

La domination de l’hydraulique n’est pas sans risques. Les sécheresses prolongées, aggravées par le changement climatique, menacent la production de nombreux pays dépendants de cette ressource. Par exemple, en 2022, la baisse des niveaux d’eau dans les réservoirs a réduit de 10 % la production hydraulique en Europe, selon Eurostat. Par ailleurs, les grands projets hydroélectriques soulèvent des controverses transfrontalières, comme en Amazonie ou en Afrique de l’Est, où les barrages perturbent les écosystèmes et les communautés locales. Ces enjeux expliquent pourquoi certains États misent désormais sur des alternatives hybrides, combinant hydraulique, solaire et stockage par batteries.

Biomasse et géothermie, des renouvelables de niche mais stratégiques

Derrière le trio de tête, la biomasse et la géothermie jouent un rôle plus discret mais non négligeable. La biomasse, qui inclut le bois-énergie et les déchets organiques, représente environ 5 % de la production électrique renouvelable mondiale, principalement dans les pays en développement où elle sert aussi à la cuisson domestique. Quant à la géothermie, elle est exploitée de manière intensive en Islande, aux Philippines ou en Indonésie, où les conditions géologiques sont favorables. Bien que moins médiatisées, ces énergies contribuent à la diversification des mix énergétiques, notamment dans les régions isolées où les réseaux électriques sont peu développés.

L’avenir des renouvelables : vers une complémentarité plutôt qu’une compétition

Les projections pour 2030 et 2050 dessinent un paysage où l’hydraulique ne sera plus la seule locomotive. L’AIE estime que l’éolien et le solaire pourraient couvrir jusqu’à 40 % de la demande électrique mondiale d’ici à 2035, tandis que l’hydraulique verrait sa part se stabiliser autour de 12-14 %. Cette évolution reflète une transition vers des systèmes plus résilients, où chaque source est optimisée en fonction de ses avantages : pilotabilité pour l’hydraulique, modularité pour le solaire, et densité énergétique pour l’éolien. Les innovations technologiques, comme les hydroliennes ou les panneaux solaires flottants, pourraient également redistribuer les cartes dans les années à venir.