Quelle découverte géologique a permis de comprendre la dérive des continents ?
La réponse
En savoir plus
La découverte géologique décisive pour comprendre la dérive des continents est celle de l’expansion des fonds océaniques, intégrée ensuite à la théorie de la tectonique des plaques. Mise en évidence au milieu du XXe siècle grâce à l’étude des dorsales océaniques et des roches du plancher marin, elle a fourni le mécanisme qui manquait à l’hypothèse formulée par Alfred Wegener en 1912. Les continents ne se déplacent pas seuls à travers une croûte immobile : ils sont entraînés par les plaques lithosphériques auxquelles ils appartiennent.
Les indices réunis par Wegener
Alfred Wegener a proposé la théorie de la dérive des continents en 1912. Il avait notamment remarqué que certaines côtes, comme celles de l’Afrique et de l’Amérique du Sud, semblaient s’emboîter. Il s’appuyait aussi sur la présence de fossiles identiques sur des continents aujourd’hui séparés par des océans, ainsi que sur des ressemblances entre certaines formations géologiques. Ces observations suggéraient que les continents avaient connu une disposition différente dans le passé. Toutefois, la théorie resta longtemps controversée, car Wegener ne pouvait pas expliquer de manière convaincante quelle force ferait se déplacer les continents.
La formation du plancher océanique
L’étude détaillée des océans a apporté l’élément déterminant. Les géologues ont identifié les dorsales océaniques, de longues chaînes montagneuses sous-marines situées aux limites de certaines plaques. Dans ces zones, du matériau chaud provenant de l’intérieur de la Terre remonte, se refroidit et forme une nouvelle croûte océanique. Cette croûte s’écarte progressivement de la dorsale tandis que du nouveau matériau prend sa place : c’est l’expansion des fonds océaniques. Le plancher marin n’est donc pas une surface fixe. Sa création et son déplacement montrent que la lithosphère est organisée en plaques mobiles, qui peuvent emporter avec elles les continents.
Le rôle des bandes magnétiques
Les roches volcaniques du fond des océans ont fourni une autre preuve essentielle. Lorsqu’un basalte se refroidit, certains de ses minéraux enregistrent l’orientation du champ magnétique terrestre. Or, ce champ s’est inversé à plusieurs reprises au cours de l’histoire de la Terre. Les fonds océaniques présentent ainsi des bandes alternées de polarité magnétique, disposées de façon symétrique de part et d’autre des dorsales. Cette symétrie s’explique par la formation continue de roches à la dorsale, puis par leur éloignement progressif. Elle a permis de confirmer l’expansion des fonds océaniques, de déterminer l’âge relatif de la croûte océanique et d’estimer la vitesse à laquelle les plaques se déplacent.
De la dérive des continents à la tectonique des plaques
Ces observations ont conduit à la théorie moderne de la tectonique des plaques. La partie rigide et externe de la Terre est divisée en plaques qui comprennent de la croûte océanique, de la croûte continentale ou les deux. Les plaques s’écartent au niveau des dorsales, se rapprochent dans d’autres régions et peuvent parfois s’enfoncer l’une sous l’autre dans les zones de subduction. Les continents, solidaires des plaques, se déplacent donc avec elles. La découverte de l’expansion des fonds océaniques n’a pas invalidé les observations de Wegener : elle a apporté l’explication physique qui manquait à sa théorie et a permis de comprendre la dérive des continents dans un modèle global de la dynamique terrestre.
