Antiquité

Quelle civilisation mésopotamienne a inventé l'écriture cunéiforme vers 3400 av. J.-C. ?

La réponse

Les Sumériens.

En savoir plus

Dans le sud de la Mésopotamie, les Sumériens sont à l’origine de l’écriture cunéiforme, apparue progressivement vers 3400 av. J.-C., notamment dans la ville d’Uruk. Cette invention constitue l’un des premiers systèmes d’écriture connus. Elle repose sur des signes imprimés dans l’argile, d’abord utilisés pour enregistrer des biens et des opérations administratives avant de servir à noter des textes de plus en plus variés.

Une invention née de la gestion des ressources

Les premières tablettes attribuées à la région de Sumer contiennent surtout des informations comptables : quantités de céréales, rations, animaux, produits stockés ou personnes mobilisées pour un travail. Elles témoignent du développement de villes importantes et d’institutions capables de gérer des ressources à grande échelle. Le système initial, souvent appelé proto-cunéiforme, associe des signes représentant des objets ou des notions à des signes numériques. Il ne transcrit pas encore toutes les caractéristiques d’une langue parlée, mais il constitue une étape décisive vers une véritable écriture.

Le rôle de l’argile et du roseau

Les scribes gravaient ou imprimaient les signes sur des tablettes d’argile humide à l’aide d’un roseau taillé. La pression de cet instrument produisait des marques en forme de coins, à l’origine du terme « cunéiforme », dérivé du latin cuneus, qui signifie « coin ». Au fil du temps, les signes pictographiques des premières tablettes furent simplifiés et combinés. Certains purent alors représenter non seulement des mots ou des idées, mais aussi des sons, ce qui rendit possible la rédaction de textes plus complexes.

Une écriture adoptée par d’autres peuples

Le cunéiforme n’est pas une langue, mais un système graphique. Les Sumériens l’ont d’abord employé pour écrire leur propre langue, le sumérien. D’autres populations de Mésopotamie l’ont ensuite adapté à leurs langues, en particulier les Akkadiens, puis les Babyloniens et les Assyriens. Cette souplesse explique sa longue diffusion dans le Proche-Orient ancien. Les mêmes principes d’écriture pouvaient ainsi être utilisés pour des documents administratifs, des inscriptions royales, des textes religieux ou des correspondances diplomatiques.

Des tablettes administratives à la littérature

Avec son perfectionnement, l’écriture cunéiforme ne se limita plus à la comptabilité. Elle servit à consigner des hymnes, des mythes, des listes lexicales, des textes juridiques et des exercices scolaires. La tradition littéraire sumérienne comprend notamment des récits et des poèmes consacrés à Gilgamesh. La célèbre Épopée de Gilgamesh est toutefois surtout connue dans sa version akkadienne, qui s’appuie en partie sur des traditions et des récits sumériens antérieurs. Les tablettes cunéiformes ont ainsi conservé des informations sur l’administration, les croyances, la littérature et les savoirs des sociétés du Proche-Orient ancien. Leur déchiffrement au XIXe siècle a permis de redonner accès à cet héritage, longtemps devenu incompréhensible après l’abandon progressif de cette écriture.

CultureG.org