Quelle civilisation a construit la plus grande pyramide du monde en volume ?
La réponse
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La Grande Pyramide de Cholula, au Mexique, est la plus grande pyramide du monde si l’on se fonde sur le volume. Édifiée par des populations de la Mésoamérique, elle atteint un volume estimé à 4,45 millions de mètres cubes. Ce chiffre la place devant les grandes pyramides d’Égypte, notamment celle de Khéops, même si elle est moins spectaculaire en hauteur et beaucoup moins visible. Son apparence actuelle explique en partie cette méconnaissance : le monument ressemble davantage à une colline couverte de végétation qu’à une pyramide monumentale en pierre.
Une pyramide plus volumineuse que haute
La Grande Pyramide de Cholula ne détient pas le record de hauteur, mais celui du volume total. Sa masse considérable provient de sa base très étendue et de l’accumulation de matériaux au fil de plusieurs campagnes de construction. Cette distinction est essentielle pour comprendre pourquoi elle dépasse les pyramides égyptiennes dans ce classement. La pyramide de Khéops demeure notamment l’un des monuments les plus célèbres et les plus hauts de l’Antiquité, tandis que Cholula impressionne surtout par son emprise au sol et par la quantité de matériaux utilisée. Le record attribué à Cholula concerne donc bien le volume de la structure, et non sa hauteur ou la taille des blocs employés.
Un monument de terre et d’adobe
À la différence des pyramides d’Égypte, dont les parements étaient constitués de blocs de pierre, la pyramide de Cholula fut principalement construite avec de l’adobe, de la terre et d’autres matériaux associés à ce type de maçonnerie. Les bâtisseurs mésoaméricains ont élevé une masse pyramidale en superposant des remblais et des murs d’adobe, puis en l’agrandissant progressivement. À l’époque précolombienne, l’édifice était recouvert de terre et de végétation. Cette couverture a contribué à le faire passer pour une simple montagne ou une colline, alors qu’elle dissimulait l’un des plus vastes monuments construits par une civilisation ancienne.
Des agrandissements successifs
La Grande Pyramide de Cholula n’est pas le résultat d’un chantier unique achevé en une seule période. Les recherches archéologiques ont mis en évidence plusieurs phases de construction, au cours desquelles de nouvelles structures ont été ajoutées autour ou au-dessus des précédentes. Ce procédé d’agrandissement était courant dans plusieurs sociétés mésoaméricaines : un sanctuaire pouvait être recouvert par un édifice plus vaste, conservant ainsi une partie de l’histoire religieuse du site. La forme visible aujourd’hui correspond donc à l’accumulation de ces transformations successives plutôt qu’à un plan conçu d’emblée dans ses dimensions finales.
Un grand centre religieux mésoaméricain
Cholula fut un important centre religieux de la Mésoamérique. Le site était associé à des pratiques cérémonielles et à des sanctuaires qui ont évolué au cours des siècles. À l’époque précédant la conquête espagnole, Cholula était notamment liée au culte de Quetzalcoatl, le Serpent à plumes, figure majeure des traditions religieuses mésoaméricaines. Après l’arrivée des Espagnols, une église dédiée à Nuestra Señora de los Remedios fut construite au XVIe siècle au sommet de la pyramide. Cette présence explique l’aspect particulier du monument actuel : un vaste édifice précolombien recouvert de terre et de végétation, surmonté d’un bâtiment religieux colonial. La Grande Pyramide de Cholula témoigne ainsi de l’ampleur de l’architecture mésoaméricaine, même si son volume exceptionnel est longtemps resté masqué par son apparence de relief naturel.
