Quelle année est souvent appelée l’« année miraculeuse » d’Isaac Newton ?
La réponse
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L’année 1666 occupe une place particulière dans l’histoire des sciences parce qu’Isaac Newton y mena, à partir de notes et de recherches encore inédites, plusieurs travaux appelés à transformer les mathématiques et la physique. Il ne s’agit pas d’une année où toutes ses théories furent achevées ou publiées, mais d’une période d’élaboration particulièrement féconde. C’est pour cette raison qu’elle est souvent désignée comme l’« année miraculeuse » de Newton, ou annus mirabilis.
Les prémices de la gravitation
En 1666, Newton travaille sur les liens entre la chute des corps, le mouvement circulaire et la force qui pourrait maintenir les planètes sur leur orbite. Ces réflexions constituent des étapes fondatrices de sa recherche sur la gravitation, sans former encore la théorie complète de la gravitation universelle. Celle-ci sera progressivement approfondie au cours des années suivantes et exposée de manière systématique dans les Principia, publiés en 1687. Il est donc plus exact de parler, pour 1666, de travaux préparatoires et d’intuitions décisives que d’une théorie déjà entièrement formulée. Le récit populaire de la pomme appartient à la mémoire légendaire de Newton et ne suffit pas à décrire la démarche scientifique réelle.
La méthode des fluxions
La même période voit Newton développer les bases de ce qu’il appelle la méthode des fluxions, l’une des formes du calcul infinitésimal. Il cherche ainsi à décrire mathématiquement les grandeurs qui varient continuellement, notamment les mouvements, les tangentes et les aires. Ses manuscrits des années 1660 témoignent d’avancées importantes, mais ces recherches ne donnent pas immédiatement lieu à une publication complète. La présentation publique de ses méthodes intervient plus tard, dans un contexte marqué également par les travaux indépendants de Gottfried Wilhelm Leibniz. L’importance de 1666 tient donc surtout à la mise en place d’un outil mathématique appelé à devenir essentiel pour l’étude de la nature.
Les expériences sur la lumière
Newton consacre aussi une partie de ses recherches à l’optique. Ses expériences avec des prismes lui permettent d’étudier la décomposition de la lumière blanche en différentes couleurs et de montrer que ces couleurs ne sont pas simplement produites par le verre : elles correspondent à des rayons qui ne sont pas réfractés de la même manière. Ces observations établissent les bases de ses travaux ultérieurs sur la lumière et les couleurs. Newton poursuivra et développera cette recherche pendant plusieurs décennies, notamment dans Opticks, publié en 1704. Les expériences de 1666 doivent ainsi être considérées comme le début d’un programme expérimental majeur, plutôt que comme l’achèvement de toute sa théorie de la lumière.
Une année de recherches à Woolsthorpe
Le contexte de 1666 favorise cette concentration intellectuelle. La peste qui touche l’Angleterre entraîne la fermeture temporaire de l’université de Cambridge, et Newton retourne dans sa maison familiale de Woolsthorpe. Éloigné de la vie universitaire, il poursuit ses réflexions en mathématiques, en optique et sur les mouvements des corps. Cette coexistence de plusieurs chantiers explique la réputation exceptionnelle de l’année. L’expression « année miraculeuse » reste toutefois une désignation rétrospective et non un titre officiel attribué par une institution scientifique. Elle résume la fécondité des travaux de Newton en 1666, sans établir de classement ni de record du nombre de découvertes majeures réalisées en une seule année.
