Histoire de France

Quel traité, signé en 1919, mit officiellement fin à la Première Guerre mondiale et imposa de lourdes réparations à l'Allemagne ?

La réponse

Le traité de Versailles

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Le traité de Versailles, signé le 28 juin 1919 dans la galerie des Glaces du château de Versailles, est le principal traité de paix conclu après la Première Guerre mondiale. Il mit officiellement fin à l’état de guerre entre l’Allemagne et les puissances alliées et associées, même si d’autres traités réglèrent ensuite le sort des autres États vaincus. Entré en vigueur le 10 janvier 1920, il imposa à l’Allemagne d’importantes restrictions territoriales, militaires et financières et contribua à façonner l’ordre international de l’entre-deux-guerres.

Une paix négociée par les vainqueurs

Le traité fut préparé lors de la conférence de paix de Paris, ouverte en janvier 1919, après l’armistice du 11 novembre 1918. Les discussions furent largement dominées par les dirigeants des principales puissances victorieuses, souvent désignés sous le nom de « Big Four » : le président américain Woodrow Wilson, le Premier ministre britannique David Lloyd George, le président du Conseil français Georges Clemenceau et le président du Conseil italien Vittorio Orlando. Wilson défendait notamment ses Quatorze Points et la création d’une Société des Nations ; Clemenceau insistait sur la sécurité de la France et l’affaiblissement militaire de l’Allemagne ; Lloyd George cherchait un compromis entre les exigences de l’opinion britannique et la stabilité européenne. L’Allemagne ne participa pas aux négociations proprement dites : elle reçut le projet de traité, put présenter des observations, puis fut conviée à le signer.

Les réparations et la responsabilité de la guerre

L’article 231, appelé par la suite « clause de culpabilité », établissait que l’Allemagne et ses alliés reconnaissaient leur responsabilité dans les pertes et dommages subis par les gouvernements alliés et leurs ressortissants en conséquence de la guerre. Cette disposition servit de fondement juridique aux réparations, mais le traité ne fixait pas lui-même le montant définitif de celles-ci. Celui-ci fut arrêté en 1921 par la Commission des réparations à 132 milliards de marks-or. Le paiement fut ensuite réorganisé et aménagé par plusieurs accords, notamment les plans Dawes de 1924 et Young de 1929. Les réparations alimentèrent durablement les tensions entre l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, sans constituer à elles seules l’explication des crises économiques et politiques de l’Allemagne après 1919.

Des pertes territoriales et une démilitarisation sévère

Le traité réduisit fortement la puissance allemande. L’Alsace-Lorraine fut rendue à la France, tandis que la Belgique reçut les territoires d’Eupen et de Malmedy. La Pologne obtint notamment la Posnanie et une partie de la Prusse occidentale ; la ville de Dantzig devint une ville libre placée sous la protection de la Société des Nations. Le bassin de la Sarre fut placé pour quinze ans sous l’administration de cette organisation, tandis que ses mines de charbon furent attribuées à la France pendant cette période. L’Allemagne perdit également ses colonies, administrées ensuite sous forme de mandats. Sur le plan militaire, son armée fut limitée à 100 000 hommes, la conscription fut interdite, et elle ne put conserver ni aviation militaire ni sous-marins. La rive gauche du Rhin et une bande de la rive droite furent en outre soumises à un régime de démilitarisation. Les empires austro-hongrois et ottoman ne furent pas démantelés par le traité de Versailles lui-même, mais par d’autres accords conclus après la guerre.

Une paix contestée et un nouvel ordre international

Le traité comprenait le pacte fondateur de la Société des Nations, destinée à favoriser la coopération entre les États et à prévenir de nouveaux conflits. Pourtant, son accueil fut très critique en Allemagne, où il fut dénoncé comme un « Diktat », c’est-à-dire une paix imposée sans véritable négociation. L’économiste britannique John Maynard Keynes critiqua également, dans un ouvrage publié en 1919, le poids des conditions économiques imposées aux vaincus. Aux États-Unis, le Sénat refusa de ratifier le traité, ce qui empêcha le pays d’adhérer à la Société des Nations. Le traité de Versailles ne suffit donc pas à garantir une paix durable : le ressentiment allemand, les difficultés économiques, les rivalités nationales et les faiblesses du système international contribuèrent ensemble à fragiliser l’Europe durant l’entre-deux-guerres.

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