Histoire du monde

Quel traité, signé en 1648, mit fin à la guerre de Trente Ans en Europe et établit les bases de la souveraineté nationale ?

La réponse

Le traité de Westphalie.

En savoir plus

La paix de Westphalie désigne l’ensemble des accords conclus à Münster et à Osnabrück, dans le Saint-Empire romain germanique, et signés en 1648. Elle met fin à la guerre de Trente Ans, commencée en 1618, un conflit à la fois religieux, politique et dynastique qui avait ravagé une grande partie de l’Europe centrale. Son importance tient autant aux règlements territoriaux et confessionnels qu’à la nouvelle place accordée aux États et aux princes dans les relations européennes. Il faut toutefois rappeler que la guerre entre la France et l’Espagne se poursuivit jusqu’à la paix des Pyrénées, en 1659.

Deux traités pour une même paix

La paix de Westphalie n’est pas un texte unique, mais un ensemble d’accords. Le traité de Münster règle principalement le conflit entre l’empereur Ferdinand III et la France, tandis que le traité d’Osnabrück organise notamment la paix entre l’Empire et la Suède. Les négociations, menées dans ces deux villes, associent les grandes puissances européennes et de nombreux États et princes du Saint-Empire. Cette organisation diplomatique contribue à faire de Westphalie un important précédent de négociation multilatérale. Les accords réorganisent également l’équilibre religieux de l’Empire : ils confirment les droits des catholiques et des luthériens et reconnaissent aussi les calvinistes, jusque-là moins bien intégrés au règlement issu de la paix d’Augsbourg de 1555. Il ne s’agit pas encore d’une liberté religieuse au sens moderne, mais d’un compromis destiné à limiter les conflits confessionnels.

Une autonomie renforcée des États de l’Empire

L’héritage de Westphalie est souvent résumé par l’idée de souveraineté nationale. Cette formule doit cependant être employée avec prudence : les traités de 1648 ne créent pas explicitement un système d’États-nations et ne proclament pas une souveraineté absolue des princes. Ils renforcent plutôt les droits territoriaux et politiques des États membres du Saint-Empire face à l’autorité impériale. Les princes obtiennent notamment une capacité accrue à conduire leur politique extérieure et à conclure des alliances, sous certaines limites, tandis que l’empereur ne peut plus imposer facilement une uniformité religieuse ou politique à l’ensemble de l’Empire. Westphalie consolide ainsi une conception de l’autorité attachée à un territoire et contribue à l’équilibre entre puissances. L’expression « système westphalien », forgée bien plus tard, désigne cette évolution autant qu’elle ne décrit une règle formulée en 1648.

Des changements territoriaux et diplomatiques

Les accords modifient aussi la carte politique de l’Europe. La France voit confirmée sa possession des Trois-Évêchés et obtient des droits et territoires appartenant aux Habsbourg en Alsace. La Suède reçoit des positions importantes sur les rivages de la Baltique et de la mer du Nord, notamment la Poméranie occidentale, Wismar ainsi que les évêchés de Brême et de Verden. Les Provinces-Unies et la Confédération suisse, autonomes de fait depuis longtemps, voient leur indépendance reconnue dans le règlement westphalien. La paix conclue à Münster entre l’Espagne et les Provinces-Unies met également fin à la longue guerre qui les opposait. Ces décisions affaiblissent la prépondérance des Habsbourg et renforcent le rôle de la France et de la Suède, sans instaurer pour autant une stabilité permanente ni un ordre international entièrement nouveau. Westphalie constitue plutôt une étape majeure dans la formation progressive de la diplomatie moderne et du principe d’autonomie territoriale.

CultureG.org