Quel traité a officiellement mis fin à la Troisième Coalition en 1805 ?
La réponse
En savoir plus
Signé le 26 décembre 1805 à Presbourg, aujourd’hui Bratislava, le traité de Presbourg met officiellement fin à la Troisième Coalition dirigée contre la France napoléonienne. Il intervient quelques semaines après la victoire française d’Austerlitz, remportée le 2 décembre contre les armées autrichienne et russe. L’accord impose à l’Autriche des conditions très sévères et confirme la prépondérance de Napoléon en Europe centrale.
Une paix conclue après Austerlitz
Le traité est signé entre la France et l’Autriche, représentée par l’empereur François II, qui est également empereur d’Autriche depuis 1804. La Russie, autre grande puissance de la coalition, n’est pas partie à cet accord : après sa défaite, ses troupes se retirent du théâtre des opérations. La signature de la paix autrichienne scelle cependant l’effondrement de la coalition sur le continent et prive ses adversaires d’une position commune face à Napoléon. La bataille d’Austerlitz a donc une portée militaire et diplomatique : elle contraint l’Autriche à négocier dans des conditions dictées par la victoire française.
Des pertes territoriales considérables
Par le traité, l’Autriche abandonne plusieurs territoires au profit des États alliés de la France. Elle cède notamment la Vénétie au royaume d’Italie, dont Napoléon est le roi, ainsi que le Tyrol et le Vorarlberg à la Bavière. D’autres possessions des Habsbourg en Allemagne passent au Wurtemberg et au pays de Bade. Ces transferts renforcent les États allemands soutenus par la France et réduisent l’influence autrichienne en Allemagne et en Italie. L’Autriche doit également reconnaître les changements de rang et de souveraineté qui consolident la position de la Bavière et du Wurtemberg.
Une nouvelle organisation de l’Europe centrale
Le traité ne crée pas à lui seul un nouvel ensemble politique, mais il accélère la réorganisation de l’espace germanique sous l’influence française. Les États favorisés par Napoléon se rapprochent de lui, avant la formation, en juillet 1806, de la Confédération du Rhin. Cette évolution contribue à isoler davantage l’Autriche et à affaiblir l’ancien équilibre du Saint-Empire romain germanique. Il faut toutefois distinguer les deux événements : le traité de Presbourg ne dissout pas directement le Saint-Empire, dont François II renonce à la couronne impériale en août 1806.
La portée diplomatique du traité
En imposant la paix à l’Autriche, Napoléon transforme le succès d’Austerlitz en avantage politique durable. Le traité reconnaît les principales réalisations françaises en Italie et en Allemagne et confirme la place de la France au centre de l’ordre européen. Il ne met pas fin à toutes les guerres contre la France, puisque le Royaume-Uni demeure son adversaire, mais il met fin à la Troisième Coalition en tant qu’alliance militaire organisée autour de l’Autriche et de la Russie. Le traité de Presbourg est ainsi l’acte diplomatique qui consacre la victoire française de 1805.
