Institutions européennes

Quel traité a créé la Communauté économique européenne en 1957 ?

La réponse

Le traité de Rome, signé en 1957 par six pays fondateurs, a créé la Communauté économique européenne (CEE). Ce traité a posé les bases d'un marché commun et d'une intégration économique progressive en Europe. Il a aussi établi des institutions communes comme la Commission et le Parlement européen.

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Le 25 mars 1957, six nations européennes signaient un texte historique dans la capitale italienne : le traité de Rome. Cet accord, bien plus qu’un simple document diplomatique, marquait la naissance officielle de la Communauté économique européenne (CEE), un projet ambitieux visant à unir économiquement des pays encore marqués par les séquelles de la Seconde Guerre mondiale.

Un marché commun pour éviter de nouvelles guerres

L’objectif principal du traité de Rome était de créer un marché commun entre les six États signataires – l’Allemagne de l’Ouest, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. En éliminant les barrières douanières et en favorisant la libre circulation des marchandises, des services et des capitaux, les rédacteurs du traité espéraient renforcer les liens économiques entre ces pays. L’idée sous-jacente était simple : une interdépendance économique croissante rendrait toute nouvelle guerre entre eux matériellement impossible. Cette vision, portée notamment par des figures comme Jean Monnet et Robert Schuman, s’inscrivait dans une logique de réconciliation durable en Europe.

Des institutions pour piloter l’intégration

Pour administrer cette nouvelle communauté, le traité de Rome a doté la CEE d’institutions originales, conçues pour équilibrer les intérêts des États membres. La Commission européenne, alors appelée Commission des Communautés européennes, en était l’organe exécutif : elle proposait les lois et veillait à l’application des traités. Le Conseil des ministres, où siégeaient les représentants des gouvernements nationaux, assurait quant à lui la prise de décision intergouvernementale. Enfin, l’Assemblée parlementaire européenne, ancêtre du Parlement européen actuel, permettait une représentation démocratique des citoyens. Ces structures, encore en place aujourd’hui sous des formes adaptées, ont posé les fondements d’une gouvernance européenne supranationale.

Un élargissement progressif des compétences

Si le traité de Rome se concentrait initialement sur l’intégration économique, il prévoyait déjà des mécanismes pour étendre progressivement les domaines de coopération. Outre le marché commun, il incluait des dispositions pour une politique agricole commune (PAC), un fonds social européen et une coopération dans le domaine des transports. Ces secteurs, bien que techniques, ont joué un rôle clé dans l’harmonisation des politiques entre les États membres. À long terme, ces mécanismes ont permis à la CEE de s’adapter aux évolutions économiques et politiques, préparant le terrain pour les élargissements futurs et la transformation de la communauté en Union européenne.

Un héritage qui dépasse le cadre économique

L’impact du traité de Rome ne se limite pas à ses aspects économiques. Il a aussi marqué un tournant dans l’histoire européenne en instaurant une méthode de travail inédite : la méthode communautaire. Cette approche, fondée sur le compromis et la négociation permanente, a permis de surmonter les divergences nationales et de construire une identité européenne partagée. Par ailleurs, le traité a servi de modèle pour les traités ultérieurs, comme celui de Maastricht en 1992, qui a donné naissance à l’Union européenne. Aujourd’hui encore, ses principes inspirent les débats sur l’avenir de l’Europe, entre fédéralisme et souveraineté nationale.