Quel terme désigne la période géologique actuelle, marquée par l'influence dominante des activités humaines sur le climat et les écosystèmes ?
La réponse
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L’Anthropocène est le terme employé pour désigner une période durant laquelle les activités humaines seraient devenues une force majeure de transformation du climat, des écosystèmes et des grands cycles naturels. Il met notamment en évidence l’ampleur de l’industrialisation, de l’urbanisation, de l’agriculture intensive et de l’exploitation des ressources. Le concept a été popularisé en 2000 par le chimiste néerlandais Paul Crutzen, colauréat du prix Nobel de chimie en 1995. Il ne s’agit toutefois pas, à ce jour, d’une époque officiellement ajoutée à l’échelle géologique.
Un concept forgé par Paul Crutzen
Le mot Anthropocène associe les termes grecs anthropos, qui signifie « être humain », et kainos, signifiant « nouveau » ou « récent ». Paul Crutzen l’a popularisé au début des années 2000 pour souligner que l’humanité ne se contente plus de subir les évolutions de son environnement : elle modifie directement les conditions physiques et biologiques de la planète. Le concept est depuis utilisé dans de nombreuses disciplines, notamment les sciences du climat, l’écologie, la géographie et les sciences humaines. Il ne remplace pas automatiquement les divisions officielles du temps géologique, mais sert à caractériser l’ampleur de l’influence humaine sur le système terrestre.
Des transformations visibles dans les archives terrestres
Les défenseurs de cette notion s’appuient sur des changements mesurables et parfois conservés dans les sédiments, les glaces ou les sols. L’augmentation rapide des concentrations de gaz à effet de serre, la diffusion de matériaux artificiels comme les plastiques, la multiplication des traces de combustion d’énergies fossiles et les retombées radioactives liées aux essais nucléaires constituent des marqueurs étudiés par les chercheurs. S’y ajoutent la transformation des paysages, l’artificialisation des sols, l’érosion de la biodiversité et la modification des cycles de l’azote et du carbone. Ces phénomènes ne commencent pas tous au même moment, ce qui rend difficile la détermination d’une date unique pour le début de l’Anthropocène.
Une époque proposée, mais non officialisée
La définition d’une nouvelle époque géologique exige un signal identifiable dans les archives terrestres et suffisamment étendu pour servir de repère international. Plusieurs dates ont été discutées pour l’Anthropocène, notamment le début de la révolution industrielle ou le milieu du XXe siècle, période marquée par une forte accélération de la croissance démographique, de la production et des perturbations environnementales. Une proposition visant à inscrire officiellement l’Anthropocène dans l’échelle des temps géologiques a été rejetée par les instances stratigraphiques internationales en 2024. Dans la chronologie officielle, l’époque actuelle reste donc l’Holocène, même si le terme Anthropocène demeure largement utilisé pour décrire l’influence humaine contemporaine.
Une notion aux usages multiples
L’Anthropocène est à la fois un concept scientifique et un outil de réflexion sur la responsabilité humaine face aux bouleversements environnementaux. Son emploi ne signifie pas que toutes les sociétés, toutes les régions ou tous les individus ont contribué de manière égale à ces transformations : l’histoire de l’industrialisation, des échanges économiques et des inégalités est également prise en compte dans les débats. Certains chercheurs emploient ainsi des termes comme Capitalocène pour mettre l’accent sur les systèmes économiques et les rapports de production. Ces notions ne constituent pas des subdivisions géologiques officielles, mais elles montrent que l’Anthropocène dépasse la seule question de la datation et interroge le rôle de l’humanité dans l’évolution récente de la Terre.
