Quel terme désigne la période de violence révolutionnaire de 1793-1794 marquée par des milliers d'exécutions ?
La réponse
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La Terreur désigne la période de répression politique et de violence d’État qui marque la Révolution française, principalement entre 1793 et juillet 1794. Dans une République menacée par la guerre extérieure, les insurrections intérieures et les divisions politiques, les dirigeants révolutionnaires adoptent des mesures d’exception. Les arrestations, les procès révolutionnaires et les exécutions deviennent alors des instruments de défense du régime, frappant aussi bien les adversaires déclarés que les personnes soupçonnées d’hostilité envers la Révolution.
Le Comité de salut public au centre du pouvoir
Créé le 6 avril 1793 par la Convention nationale, le Comité de salut public devient progressivement l’un des principaux organes de gouvernement de la République. Il supervise la guerre, l’administration et la mise en œuvre des mesures d’urgence. Maximilien Robespierre y entre le 27 juillet 1793 et en devient l’une des figures les plus influentes, aux côtés notamment de Louis Antoine de Saint-Just et de Georges Couthon. Le Comité ne gouverne toutefois pas seul : le Comité de sûreté générale, la Convention et les représentants envoyés en mission participent également à la surveillance et à la répression. La Terreur correspond ainsi à un ensemble de décisions et d’institutions plus large qu’à l’action d’un seul homme.
Des institutions judiciaires d’exception
La répression s’appuie notamment sur le Tribunal révolutionnaire, créé le 10 mars 1793 pour juger les personnes accusées de crimes contre la liberté et contre la République. Contrairement à une idée parfois répandue, ce tribunal dispose d’un jury, mais ses jugements ne peuvent pas faire l’objet d’un appel. La loi des suspects, votée le 17 septembre 1793, élargit considérablement les catégories de personnes susceptibles d’être arrêtées. Puis la loi du 22 prairial an II, adoptée le 10 juin 1794, accélère encore les procédures devant le Tribunal révolutionnaire et réduit les possibilités de défense. La guillotine devient le principal symbole des exécutions légales, mais elle n’est pas le seul moyen employé : dans certaines régions, des fusillades et d’autres formes de violence sont également utilisées.
Des adversaires politiques aux populations suspectées
La Terreur vise d’abord les royalistes, les insurgés et les personnes accusées de soutenir la contre-révolution, mais elle frappe aussi les rivalités internes au mouvement révolutionnaire. Les principaux députés girondins sont jugés et exécutés en octobre 1793, parmi lesquels se trouve Pierre Vergniaud. En 1794, les hébertistes, partisans d’une politique révolutionnaire très radicale, sont condamnés en mars, puis les dantonistes, associés à une ligne plus modérée, sont exécutés en avril. La répression touche également des civils accusés d’accaparement, de soutien aux révoltes ou de manque de civisme. Dans des zones insurgées comme la Vendée et dans des villes révoltées comme Lyon, les représentants de la République mènent des opérations particulièrement violentes. Le bilan comprend plusieurs milliers d’exécutions prononcées par les tribunaux, auxquelles s’ajoutent des victimes de répressions menées en dehors des procédures judiciaires ordinaires.
La chute de Robespierre et la fin de la période
La Terreur politique prend fin avec la crise de Thermidor. Le 9 thermidor an II, correspondant au 27 juillet 1794, Robespierre et ses principaux soutiens sont arrêtés après avoir perdu l’appui d’une partie de la Convention. Robespierre, Saint-Just et leurs compagnons sont guillotinés le lendemain, le 28 juillet. Cet événement marque le début de la Réaction thermidorienne : les institutions de la Terreur sont progressivement démantelées, le Tribunal révolutionnaire est finalement supprimé et les prisonniers politiques sont libérés en nombre. Les violences ne cessent pas instantanément, mais le système de gouvernement fondé sur la répression exceptionnelle et la concentration du pouvoir est alors remis en cause. C’est pourquoi la période 1793-1794 est restée dans l’histoire sous le nom de Terreur.
