Écologie

Quel terme désigne l'ensemble des techniques visant à capturer et stocker le CO₂ atmosphérique pour lutter contre le réchauffement climatique, et citez un exemple concret ?

La réponse

La capture et stockage du carbone (CSC). Exemple : les projets de stockage en aquifères salins en Norvège.

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La capture et le stockage du carbone, abrégés CSC, désignent l’ensemble des techniques destinées à séparer le dioxyde de carbone, à le transporter puis à le confiner durablement dans une formation géologique. Le CO₂ peut être capté directement à la source, par exemple dans les fumées d’une installation industrielle, ou extrait de l’air ambiant grâce à la capture directe dans l’air. Dans le premier cas, le CSC évite qu’une partie des émissions atteigne l’atmosphère ; dans le second, associé à un stockage permanent, il peut contribuer à retirer du CO₂ déjà présent dans l’air. Un exemple concret est fourni par les projets norvégiens d’injection dans des aquifères salins, notamment le site de Sleipner, en mer du Nord.

Les étapes du captage au stockage

Le CSC repose sur une chaîne technique en plusieurs étapes. Le CO₂ est d’abord séparé des autres gaz, soit dans un flux industriel concentré, soit au moyen de procédés capables de filtrer l’air ambiant. Il est ensuite conditionné, généralement par compression, afin de pouvoir être acheminé vers le site de stockage. Le transport peut s’effectuer par canalisation ou, selon les projets et les distances, par navire. Le dioxyde de carbone est enfin injecté à grande profondeur dans une roche poreuse recouverte d’une couche imperméable. Cette couverture géologique, appelée roche-couverture, contribue à empêcher la remontée du gaz. Au fil du temps, une partie du CO₂ peut également rester piégée dans les pores de la roche, se dissoudre dans la saumure ou, dans certaines conditions, réagir avec les minéraux environnants.

Les aquifères salins de Norvège

Les aquifères salins sont des formations souterraines constituées de roches poreuses contenant de l’eau très salée, impropre à la consommation. Leur intérêt tient à leur présence dans de nombreuses régions et à leur capacité potentielle à accueillir de grandes quantités de CO₂. En Norvège, le projet de Sleipner constitue un exemple ancien et important de stockage géologique. Depuis 1996, le CO₂ séparé du gaz naturel produit sur le site est injecté dans la formation saline d’Utsira, sous la mer du Nord, à environ un kilomètre de profondeur. Le volume stocké est de l’ordre d’un million de tonnes par an. Ce projet illustre le fonctionnement du CSC à grande échelle, même s’il s’agit d’un captage à la source et non d’une extraction directe du CO₂ atmosphérique. D’autres projets norvégiens s’inscrivent dans la même logique de stockage sous-marin en aquifère salin.

Une technologie à distinguer de l’utilisation du CO₂

Le CSC est souvent confondu avec la capture et l’utilisation du carbone, appelée CCU. Dans le cadre du CCU, le CO₂ capté sert à fabriquer ou à alimenter d’autres produits, comme certains matériaux, produits chimiques ou carburants de synthèse. Cette utilisation ne garantit toutefois pas un stockage durable : le carbone peut être relâché si le produit est consommé ou dégradé. Le CSC, lui, vise précisément le confinement géologique de longue durée. Il exige une caractérisation précise des sites, une surveillance des pressions et de l’intégrité des puits, ainsi qu’un suivi destiné à détecter une éventuelle fuite. Les coûts, la consommation d’énergie du captage et la disponibilité de sites adaptés restent des enjeux importants. Le CSC est donc considéré comme un outil complémentaire de réduction des émissions, et non comme un remplacement de la sobriété énergétique et du développement des sources d’énergie bas-carbone.

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