Quel terme désigne l'augmentation artificielle de la réflectivité de la Terre pour lutter contre le réchauffement climatique ?
La réponse
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La géo-ingénierie solaire désigne l’ensemble des méthodes qui cherchent à modifier délibérément le bilan énergétique de la Terre afin de réduire la quantité de rayonnement solaire absorbée par sa surface. Elle est aussi appelée modification du rayonnement solaire. Son principe le plus souvent évoqué consiste à augmenter la réflectivité de l’atmosphère ou de certains nuages pour renvoyer davantage de lumière vers l’espace. Cette approche ne supprime toutefois pas les gaz à effet de serre et ne constitue donc pas un substitut à la réduction des émissions.
Un phénomène observé après les éruptions volcaniques
La réflexion accrue du rayonnement solaire s’inspire notamment d’un mécanisme naturel. Lorsqu’une éruption volcanique suffisamment puissante injecte du dioxyde de soufre dans la stratosphère, celui-ci peut se transformer en aérosols sulfatés. Ces particules diffusent une partie de la lumière solaire et peuvent provoquer un refroidissement temporaire de la surface terrestre. L’éruption du Pinatubo, aux Philippines, en 1991, a ainsi été suivie d’un refroidissement global de courte durée. La géo-ingénierie solaire chercherait à reproduire artificiellement certains aspects de cet effet, mais dans un contexte beaucoup plus complexe et avec des conséquences difficiles à prévoir.
Deux techniques principalement étudiées
La méthode la plus connue est l’injection d’aérosols dans la stratosphère. Elle consisterait à y introduire des particules capables de réfléchir ou de diffuser une partie du rayonnement solaire. Une telle intervention ne formerait pas un écran permanent : les particules finiraient par se disperser, ce qui impliquerait des opérations répétées si l’on voulait maintenir son effet. Une autre piste est l’éclaircissement des nuages marins. Elle vise à augmenter la réflectivité de certains nuages bas au-dessus des océans en diffusant des particules de sel marin servant de noyaux de condensation. Ces techniques restent hypothétiques à l’échelle planétaire et leur efficacité comme leurs effets régionaux font encore l’objet de recherches.
Une action qui ne réglerait pas la cause du réchauffement
Même si elle parvenait à réduire la température moyenne, la géo-ingénierie solaire ne retirerait pas le dioxyde de carbone déjà présent dans l’atmosphère. Elle ne mettrait donc pas fin à l’acidification des océans et ne ferait pas disparaître les autres conséquences liées à l’accumulation des gaz à effet de serre. En outre, une modification artificielle du rayonnement reçu par la Terre pourrait perturber les régimes de précipitations, les moussons ou certaines circulations atmosphériques, avec des effets différents selon les régions. L’arrêt soudain d’une intervention maintenue pendant une longue période pourrait également entraîner un réchauffement rapide, si les concentrations de gaz à effet de serre restaient élevées.
Des incertitudes scientifiques et politiques majeures
La géo-ingénierie solaire n’est pas déployée à l’échelle de la planète. Les recherches et les débats portent autant sur ses mécanismes physiques que sur ses risques, sa surveillance et les conditions de sa gouvernance. Une intervention atmosphérique aurait nécessairement des effets transfrontaliers : ses bénéfices et ses inconvénients pourraient être répartis de manière très inégale, tandis que les États ne s’accorderaient pas forcément sur la température à viser ou sur le droit d’agir. Les évaluations scientifiques, notamment celles du GIEC, la distinguent ainsi des politiques indispensables de réduction des émissions. Le terme désigne donc une famille de scénarios étudiés avec prudence, et non une solution éprouvée au changement climatique.
