Quel terme désigne l'art de capturer des images en mouvement, souvent utilisé dans le cinéma et la vidéo, et qui trouve ses origines dans les expériences d'Eadweard Muybridge au XIXe siècle ?
La réponse
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La cinématographie désigne l’ensemble des techniques et des pratiques artistiques liées à la création d’images animées, en particulier pour le cinéma et la vidéo. Elle ne consiste pas seulement à enregistrer une succession d’images : elle implique aussi de construire une image par le cadrage, la lumière, les objectifs, les mouvements de caméra et le rendu des couleurs. Son histoire s’inscrit dans les recherches du XIXe siècle sur la décomposition et la restitution du mouvement, parmi lesquelles les expériences d’Eadweard Muybridge occupent une place majeure.
Muybridge et la décomposition du mouvement
En 1878, Eadweard Muybridge photographie les différentes phases du galop d’un cheval à l’aide de plusieurs appareils disposés le long d’une piste, en Californie. Ces prises de vue successives répondent notamment à une controverse concernant la position des jambes du cheval pendant certaines phases du galop. Les images, souvent désignées sous le titre The Horse in Motion, montrent qu’une photographie pouvait analyser un mouvement avec une précision impossible à obtenir à l’œil nu. Muybridge ne réalise pas encore des films au sens moderne du terme : il produit une série de photographies fixes. Son travail constitue néanmoins un jalon essentiel dans l’histoire des images animées et contribue à faire comprendre comment une succession rapide d’images peut donner une impression de mouvement.
De la chronophotographie au cinéma
Les recherches de Muybridge appartiennent au domaine de la chronophotographie, qui consiste à enregistrer plusieurs phases d’un mouvement afin de l’étudier. En France, Étienne-Jules Marey développe lui aussi cette approche et met au point des dispositifs permettant de fixer plusieurs instants d’un mouvement sur une même surface sensible. Ces expériences ne suffisent pas à elles seules à créer le cinéma, mais elles fournissent des connaissances et des procédés importants aux inventeurs qui cherchent à enregistrer puis à projeter des images animées. La mise au point de la pellicule souple, des mécanismes d’entraînement et des appareils de projection sera également nécessaire. Le Cinématographe des frères Lumière, présenté publiquement à Paris en 1895, contribue ensuite à établir le cinéma comme spectacle collectif.
Un terme pour une pratique technique et artistique
La cinématographie dépasse donc la simple capture d’images en mouvement. Dans une production cinématographique, elle concerne notamment le choix du cadre, de la focale, de la profondeur de champ, de l’exposition, de la lumière et des mouvements de caméra. Ces décisions influencent directement la perception d’une scène et participent à sa narration. Le directeur ou la directrice de la photographie travaille avec la réalisation pour définir l’apparence visuelle du film, qu’il soit tourné sur pellicule ou avec des dispositifs numériques. Le montage, le son et l’écriture appartiennent à d’autres dimensions de la création cinématographique, même s’ils s’articulent étroitement avec l’image.
Une pratique transformée par les technologies
Depuis les premières projections, la cinématographie a été transformée par l’arrivée du son synchronisé, le perfectionnement des procédés de couleur, l’amélioration de la sensibilité des supports et l’apparition de caméras plus légères. Le passage au numérique a ensuite modifié la manière de filmer, de contrôler les prises de vue, d’étalonner les couleurs et de conserver les images. Malgré ces évolutions, le principe fondamental demeure lié aux expériences des pionniers du mouvement : produire une suite ordonnée d’images capables de restituer une action et de lui donner une forme visuelle. C’est dans ce sens que la cinématographie relie la recherche scientifique sur le mouvement à un langage artistique propre au cinéma et à la vidéo.
