Quel tableau est souvent considéré comme le plus volé au monde ?
La réponse
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Le tableau souvent considéré comme le plus volé au monde n’est pas Le Cri d’Edvard Munch, mais le Portrait de Jacob de Gheyn III, peint par Rembrandt. Cette œuvre de petit format, conservée à la Dulwich Picture Gallery de Londres, a été dérobée à quatre reprises. Son histoire singulière lui a valu le surnom de « Rembrandt à emporter » et en a fait l’un des tableaux les plus célèbres de la chronique des vols d’œuvres d’art.
Un portrait de Rembrandt au destin mouvementé
Réalisé en 1632, le Portrait de Jacob de Gheyn III représente Jacob de Gheyn, artiste et graveur néerlandais. Rembrandt le montre en buste, vêtu de noir, sur un fond sombre, avec une attention particulière portée au visage et au regard. L’œuvre appartient au fonds de la Dulwich Picture Gallery, un musée londonien réputé pour ses collections de peinture européenne. Ses dimensions relativement réduites et son support en panneau en font un objet beaucoup plus facile à transporter qu’une vaste composition, même si la répétition des vols tient surtout à la vulnérabilité des dispositifs de sécurité de l’époque et à la notoriété du tableau.
Quatre disparitions en quelques décennies
Le Portrait de Jacob de Gheyn III a été volé quatre fois. Chaque disparition a contribué à renforcer sa réputation de tableau particulièrement convoité, mais aussi de peinture étonnamment difficile à conserver à l’abri. L’œuvre a toutefois été retrouvée après chacun de ces vols et a réintégré la collection de la Dulwich Picture Gallery. Cette succession d’événements explique pourquoi les articles consacrés aux records du monde de l’art le présentent souvent comme le tableau le plus volé au monde. Il ne s’agit donc pas d’une œuvre différente à chaque fois, mais bien du même portrait de Rembrandt, dérobé à quatre reprises.
Une confusion fréquente avec Le Cri
La confusion vient en partie de la notoriété des vols du Cri. Plusieurs versions de l’œuvre d’Edvard Munch existent, et deux d’entre elles ont été dérobées lors de vols très médiatisés en Norvège : une version a disparu de la Galerie nationale d’Oslo en 1994, tandis qu’une autre a été volée au musée Munch en 2004 avec La Madone. Ces affaires ont bénéficié d’une couverture internationale exceptionnelle, mais Le Cri a été volé deux fois, contre quatre fois pour le Portrait de Jacob de Gheyn III. La célébrité médiatique du tableau de Munch ne doit donc pas être confondue avec le record généralement attribué au portrait de Rembrandt.
Un record fondé sur le nombre de vols
Le cas du Portrait de Jacob de Gheyn III rappelle qu’un record peut dépendre d’un critère précis. Le Cri est sans doute l’une des œuvres les plus reconnaissables et les plus spectaculairement volées de l’histoire récente, mais le nombre de vols constitue ici le critère déterminant. Avec quatre disparitions recensées, le portrait de Jacob de Gheyn III occupe la première place dans cette catégorie. Son parcours illustre aussi les difficultés rencontrées par les musées pour protéger des œuvres célèbres : la valeur artistique et la petite taille d’un tableau peuvent en faire une cible particulièrement tentante, tandis que chaque vol accroît encore sa célébrité.
