Quel souverain a ordonné la construction du Taj Mahal ?
La réponse
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Le Taj Mahal, élevé sur la rive droite de la Yamuna à Agra, dans le nord de l’Inde, est l’un des monuments les plus célèbres de l’époque moghole. Ce mausolée de marbre blanc fut commandé par l’empereur moghol Shâh Jahân en mémoire de son épouse Mumtaz Mahal, morte en 1631. À la fois édifice funéraire, œuvre architecturale majeure et symbole de la puissance impériale, il s’inscrit dans la tradition des grands monuments construits par les souverains moghols.
Un monument dédié à Mumtaz Mahal
Mumtaz Mahal était l’épouse bien-aimée de Shâh Jahân et occupait une place importante à la cour impériale. Elle mourut en 1631, après avoir donné naissance à leur quatorzième enfant, alors que l’empereur menait une campagne militaire dans le Deccan. Profondément affecté par cette disparition, Shâh Jahân ordonna la construction d’un vaste mausolée destiné à accueillir sa dépouille. Le Taj Mahal ne constitue toutefois qu’une partie d’un ensemble funéraire plus vaste, comprenant notamment une grande porte, des jardins, une mosquée et un bâtiment symétrique situé de l’autre côté du mausolée principal.
La construction sous le règne de Shâh Jahân
Les travaux du mausolée commencèrent au début des années 1630, probablement en 1632, sous la direction d’artisans et d’architectes réunis par la cour moghole. Le chantier mobilisa une main-d’œuvre considérable et s’étendit sur plusieurs années. Le bâtiment principal fut réalisé en grès rouge et surtout en marbre blanc, dont la surface change d’apparence selon la lumière du jour. Des pierres colorées furent également utilisées pour les décors en incrustation, appelés pietra dura, qui composent des motifs végétaux et géométriques ainsi que certaines inscriptions. Le complexe fut progressivement achevé au cours du règne de Shâh Jahân.
Une architecture héritée de plusieurs traditions
Le Taj Mahal associe des éléments de l’architecture islamique, persane, centrasiatique et indienne. Le mausolée est organisé autour d’une grande chambre funéraire surmontée d’un imposant dôme, encadré par quatre minarets. Ses façades comportent de vastes arcs et des panneaux ornés de calligraphies coraniques. Les jardins quadripartites, traversés par des canaux et des bassins, reprennent le principe du charbagh, une composition d’origine persane largement adoptée par les Moghols. Cette combinaison de formes et de techniques donne au monument son caractère singulier, tout en l’inscrivant clairement dans l’art impérial moghol.
Un mausolée devenu un symbole mondial
Après la mort de Mumtaz Mahal, Shâh Jahân fut lui-même inhumé dans le Taj Mahal en 1666, aux côtés de son épouse. Les deux cénotaphes visibles dans la chambre intérieure sont richement décorés, tandis que les sépultures proprement dites se trouvent dans une chambre plus basse. Le monument a connu des périodes de négligence et de dégradation, avant de faire l’objet de restaurations. Sa valeur historique et artistique est aujourd’hui reconnue dans le monde entier : le Taj Mahal est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983. Il demeure l’un des témoignages les plus accomplis du règne de Shâh Jahân et de l’architecture moghole.
