Quel sculpteur a conçu la Statue de la Liberté à New York ?
La réponse
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À l’entrée du port de New York, la Statue de la Liberté se présente comme une œuvre à la fois artistique, politique et technique. Son concepteur est le sculpteur français Frédéric Auguste Bartholdi, auteur de la figure monumentale et de ses principaux éléments symboliques. La réalisation de l’ensemble a toutefois exigé l’intervention de l’ingénieur Gustave Eiffel, chargé de mettre au point sa structure interne. Offerte par la France aux États-Unis, la statue a été inaugurée le 28 octobre 1886.
Un projet d’amitié entre la France et les États-Unis
L’idée de la statue prend forme dans les années 1860, dans le contexte des liens historiques entre la France et les États-Unis. L’historien et homme politique français Édouard de Laboulaye défend le principe d’un monument destiné à célébrer l’amitié entre les deux pays et le centenaire de l’indépendance américaine. Le projet devait aussi rappeler l’importance des idéaux de liberté et de régime républicain. La répartition des tâches est progressivement établie entre les deux nations : la France prend en charge la statue elle-même, tandis que les États-Unis doivent financer et construire le piédestal. Cette organisation explique pourquoi le monument est le résultat d’une entreprise franco-américaine plutôt que d’une commande réalisée par un seul pays.
Bartholdi, le concepteur de la figure
Né à Colmar en 1834, Frédéric Auguste Bartholdi s’est consacré à la sculpture monumentale. Pour le projet new-yorkais, il imagine une femme drapée tenant une torche levée, incarnation de la liberté éclairant le monde. Le titre officiel de l’œuvre est d’ailleurs La Liberté éclairant le monde. Bartholdi se rend aux États-Unis en 1871 et s’intéresse au choix du site, finalement retenu dans la baie de New York, sur l’île alors appelée Bedloe’s Island, devenue ensuite Liberty Island. Il conserve la responsabilité de la conception artistique, des proportions générales et de l’apparence de la statue. La tablette tenue dans la main gauche porte la date du 4 juillet 1776 en chiffres romains, en référence à la Déclaration d’indépendance des États-Unis, tandis que la torche constitue l’un des attributs les plus reconnaissables de la Liberté.
L’intervention de Gustave Eiffel
La taille exceptionnelle du monument rend nécessaire une armature capable de soutenir son enveloppe de cuivre sans la rigidifier excessivement. Gustave Eiffel et ses collaborateurs mettent au point la structure métallique intérieure : un squelette de fer auquel sont fixées les plaques de cuivre formant la surface visible. Cette solution permet à la peau du monument de supporter les contraintes liées au vent et aux variations de température. Le rôle d’Eiffel est donc essentiellement celui d’un ingénieur de la structure, tandis que Bartholdi demeure le responsable de la conception sculpturale. La Statue de la Liberté repose ainsi sur une coopération étroite entre modelage artistique et ingénierie métallique.
Une fabrication française, puis un assemblage à New York
La statue est fabriquée en France selon une technique de mise en forme du cuivre par martelage, avant d’être démontée pour son transport. De son côté, le piédestal américain est conçu par l’architecte Richard Morris Hunt et financé grâce à une souscription publique. Une fois le piédestal achevé, les différentes parties de la statue sont expédiées vers New York à bord du navire français Isère, qui arrive en juin 1885. L’assemblage est ensuite réalisé sur place. La cérémonie d’inauguration se tient le 28 octobre 1886, donnant officiellement à la baie de New York le monument imaginé par Bartholdi.
Un symbole dont la signification s’est élargie
Dès l’origine, la statue symbolise l’amitié franco-américaine et les valeurs de liberté. Sa signification s’est ensuite enrichie, notamment par son association avec l’histoire de l’immigration aux États-Unis. Elle se trouve à proximité d’Ellis Island, qui fut un important centre d’accueil des immigrants, mais elle n’y est pas située. Cette dimension humaniste est également liée au poème The New Colossus, écrit par la poétesse américaine Emma Lazarus en 1883. Le texte, dont la célèbre formule commence par « Donnez-moi vos fatigués, vos pauvres », a été installé sur une plaque du piédestal en 1903, plusieurs années après l’inauguration. Cette évolution n’enlève rien au rôle central de Bartholdi : c’est bien lui qui a conçu la statue, avec l’appui technique décisif de Gustave Eiffel.
