Quel rôle joue le Conseil constitutionnel en France ?
La réponse
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Créé par la Constitution du 4 octobre 1958, le Conseil constitutionnel est chargé de garantir le respect de la norme suprême de l’État français. Sa mission principale consiste à vérifier qu’une loi respecte la Constitution, mais son rôle s’étend également au contrôle de certaines procédures parlementaires, à la protection des droits et libertés constitutionnels ainsi qu’au contrôle de la régularité de plusieurs élections nationales et référendums. Il participe ainsi à l’équilibre des pouvoirs en empêchant qu’une majorité politique puisse adopter des dispositions contraires aux règles constitutionnelles.
Le contrôle de constitutionnalité des lois
Le Conseil constitutionnel peut être saisi avant la promulgation d’une loi par le président de la République, le Premier ministre, le président de l’Assemblée nationale, le président du Sénat, ou par un groupe composé d’au moins soixante députés ou soixante sénateurs. Il examine alors les dispositions contestées au regard de la Constitution. Si une disposition est déclarée contraire à celle-ci, elle ne peut pas être promulguée. Le Conseil peut censurer l’ensemble du texte ou seulement certaines dispositions, lorsque celles-ci peuvent être séparées du reste de la loi. Ce contrôle préalable est obligatoire pour les lois organiques et pour les règlements des assemblées parlementaires, tandis qu’il est facultatif pour les lois ordinaires.
La question prioritaire de constitutionnalité
Depuis la réforme constitutionnelle de 2008, mise en œuvre en 2010, le Conseil peut aussi intervenir après l’entrée en vigueur d’une loi grâce à la question prioritaire de constitutionnalité, ou QPC. À l’occasion d’un procès, une personne peut soutenir qu’une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution. La question n’est toutefois pas transmise directement au Conseil constitutionnel : elle fait d’abord l’objet d’un examen par le Conseil d’État ou la Cour de cassation, selon la nature de la juridiction concernée. Si les conditions sont réunies, ces juridictions la renvoient au Conseil constitutionnel. Celui-ci peut alors déclarer la disposition contraire à la Constitution et en prononcer l’abrogation, immédiatement ou à une date ultérieure fixée par sa décision.
La protection des droits et libertés
Le contrôle du Conseil ne porte pas seulement sur la répartition des compétences entre le Parlement et le gouvernement. Il s’appuie sur l’ensemble des normes et principes constitutionnels, notamment la Constitution de 1958, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le Préambule de la Constitution de 1946 et la Charte de l’environnement de 2004. Dans une décision majeure de 1971 relative à la liberté d’association, le Conseil a reconnu la valeur constitutionnelle de principes figurant dans le Préambule de 1946. Cette évolution a élargi son contrôle et l’a conduit à examiner les lois au regard de droits et libertés fondamentaux, comme la liberté d’expression, l’égalité devant la loi ou le respect de la liberté individuelle.
Un juge des élections et des référendums
Le Conseil constitutionnel exerce également des compétences électorales. Il veille à la régularité de l’élection du président de la République, examine les réclamations relatives à l’élection des députés et des sénateurs, et intervient dans le contrôle des référendums. Il peut statuer sur des contestations, vérifier le respect des règles applicables et proclamer les résultats dans les cas prévus par la Constitution. En revanche, les élections locales ne relèvent pas de sa compétence générale : leur contentieux appartient principalement aux juridictions administratives. Les décisions du Conseil constitutionnel s’imposent aux pouvoirs publics ainsi qu’aux autorités administratives et juridictionnelles, et elles ne sont susceptibles d’aucun recours. Par ces différentes fonctions, l’institution contribue à faire de la Constitution une règle effectivement applicable à l’ensemble des pouvoirs publics.
