Première Guerre mondiale

Quel rôle joua l'Empire ottoman dans la Première Guerre mondiale, notamment pour les Alliés ?

La réponse

Il combattit aux côtés des Empires centraux, mais sa défaite ouvrit la voie à sa dissolution et à la création de nouveaux États au Moyen-Orient.

En savoir plus

L’Empire ottoman joua un rôle important dans la Première Guerre mondiale en combattant aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie. Son entrée en guerre ouvrit de nouveaux fronts contre la Russie, la France et le Royaume-Uni, tout en permettant aux puissances centrales de menacer les communications et les positions alliées au Moyen-Orient. Sa résistance, notamment aux Dardanelles, compliqua les plans militaires des Alliés, mais sa défaite en 1918 accéléra la disparition de l’empire et le redécoupage politique de la région.

L’alliance avec les puissances centrales

Affaibli par les guerres balkaniques de 1912-1913, l’Empire ottoman conclut une alliance secrète avec l’Allemagne le 2 août 1914. Les dirigeants ottomans espéraient ainsi renforcer leur sécurité et, à terme, récupérer certains territoires perdus. L’entrée effective dans le conflit intervint à l’automne 1914 : le 29 octobre, des navires ottomans, parmi lesquels le Yavuz Sultan Selim, ancien Goeben allemand, attaquèrent des ports russes de la mer Noire. La Russie déclara alors la guerre à l’Empire ottoman le 2 novembre, suivie par la France et le Royaume-Uni quelques jours plus tard. Le sultan Mehmed V, qui était aussi considéré comme le calife, proclama le djihad contre les puissances de l’Entente. Cet appel ne provoqua toutefois pas le soulèvement général des populations musulmanes placées sous domination britannique ou française qu’espéraient certaines autorités ottomanes et allemandes.

Les Dardanelles, un échec allié

Le rôle ottoman fut particulièrement visible dans la campagne des Dardanelles, en 1915. Les Alliés voulaient contrôler les détroits, prendre Constantinople et établir une liaison maritime avec la Russie. Après l’échec d’une tentative navale, des troupes britanniques, françaises, australiennes et néo-zélandaises débarquèrent dans la péninsule de Gallipoli en avril 1915. L’armée ottomane, appuyée par des fortifications et bénéficiant d’un terrain difficile, parvint à contenir l’offensive. Les Alliés évacuèrent finalement la péninsule entre décembre 1915 et janvier 1916. Cette défaite représenta un succès militaire majeur pour l’Empire ottoman et empêcha les Alliés d’atteindre rapidement la capitale. Elle contribua aussi à maintenir fermés les détroits entre la Méditerranée et la mer Noire pendant une grande partie du conflit.

Des fronts de la mer Noire à la Palestine

L’Empire ottoman combattit sur plusieurs théâtres d’opérations. Dans le Caucase, ses forces affrontèrent l’armée russe, au prix de lourdes pertes. En Mésopotamie, les Britanniques cherchèrent à protéger leurs intérêts et leurs voies de communication autour du golfe Persique et de Bassora. Ils subirent une importante défaite à Kut, où une armée britannique capitula en avril 1916 après plusieurs mois de siège, avant de reprendre progressivement l’avantage. Dans le Levant, les forces britanniques avancèrent en Palestine à partir de 1917 et prirent notamment Jérusalem en décembre de cette année. En 1918, l’offensive britannique conduite par Edmund Allenby, combinée à la révolte arabe soutenue par les Britanniques, entraîna l’effondrement des positions ottomanes en Syrie et en Palestine. Ces fronts obligèrent les Alliés à mobiliser des forces considérables, mais ils finirent par épuiser les capacités militaires et économiques de l’empire.

Une guerre aux conséquences humaines et politiques

La guerre fut également marquée par les déportations massives et les massacres d’Arméniens organisés par les autorités ottomanes à partir de 1915, événements qualifiés de génocide par la grande majorité des historiens. Sur le plan militaire, l’armistice de Moudros, signé le 30 octobre 1918, mit fin aux hostilités entre l’Empire ottoman et les Alliés. La défaite ouvrit la voie à l’occupation de plusieurs territoires ottomans et à leur administration sous forme de mandats confiés notamment à la France et au Royaume-Uni. Après la guerre, des entités politiques nouvelles ou redessinées apparurent au Moyen-Orient, parmi lesquelles l’Irak, la Syrie, le Liban et la Transjordanie. La disparition définitive de l’Empire ottoman fut ensuite consacrée par la fondation de la République de Turquie et le traité de Lausanne en 1923.

CultureG.org