Quel rôle a joué Maximilien de Robespierre pendant la Révolution ?
La réponse
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Maximilien de Robespierre fut l’une des figures centrales de la Révolution française, mais son rôle évolua fortement entre 1789 et 1794. Avocat d’Arras devenu député, il s’imposa d’abord comme un défenseur de l’égalité politique et de la souveraineté populaire. Après la chute de la monarchie, il devint un dirigeant montagnard influent de la Convention nationale, puis un membre important du Comité de salut public. Il associa alors la défense de la République à une politique révolutionnaire d’exception, dont la Terreur fut l’expression la plus tragique.
Un député engagé dans la Révolution
Élu député du tiers état aux États généraux de 1789, Robespierre acquit rapidement une réputation d’orateur assidu et intransigeant. À l’Assemblée constituante, il défendit une conception exigeante de la citoyenneté et de l’égalité devant la loi, en s’opposant aux privilèges politiques fondés sur la richesse. Membre du club des Jacobins, il soutint l’élargissement de la participation politique et la primauté de la volonté nationale. En 1792, après la chute de la monarchie, il fut élu à la Convention nationale et se rapprocha de la Montagne, le groupe de députés qui défendait les positions les plus radicales. Il soutint l’instauration de la République et la mise à l’écart des forces considérées comme hostiles à la Révolution.
Un dirigeant du gouvernement révolutionnaire
Le Comité de salut public fut créé en avril 1793 pour coordonner la défense de la République, menacée par les puissances européennes et par des insurrections intérieures. Robespierre y entra le 27 juillet 1793 et devint l’un de ses membres les plus influents. Il ne dirigeait toutefois pas seul le Comité : celui-ci agissait dans le cadre de la Convention nationale et partageait le pouvoir avec d’autres institutions et responsables révolutionnaires. Robespierre contribua à légitimer le gouvernement d’exception au nom du salut public. Dans ses discours, il présentait la vertu civique, le dévouement à la République et la lutte contre la corruption comme les fondements d’un ordre politique nouveau. Pour lui, les mesures extraordinaires pouvaient être justifiées par la guerre et par la menace d’ennemis intérieurs.
La Terreur et la répression des ennemis
La période appelée la Terreur, qui s’étend principalement de 1793 à 1794, vit se renforcer les mécanismes de surveillance, d’arrestation et de jugement révolutionnaire. Le Tribunal révolutionnaire avait été créé dès mars 1793, tandis que la loi des suspects fut adoptée en septembre de la même année. Robespierre ne fut pas l’auteur unique de ces mesures, mais il en soutint la logique politique et participa à leur justification. Les Girondins, puis d’autres groupes révolutionnaires comme les hébertistes et les dantonistes, furent éliminés, tandis que de nombreux accusés ordinaires furent condamnés au nom de la défense de la République. Cette politique entraîna des milliers d’exécutions, auxquelles s’ajoutèrent des violences et des mises à mort commises dans le contexte de la guerre civile. La responsabilité de Robespierre est donc importante sur le plan politique, même si la répression résulta de décisions collectives et de mécanismes qui ne dépendaient pas de lui seul.
La chute de Thermidor
À l’été 1794, l’intransigeance de Robespierre inquiéta une partie des députés de la Convention, qui redoutaient d’être eux-mêmes accusés ou arrêtés. Le 9 Thermidor an II, correspondant au 27 juillet 1794, ses adversaires provoquèrent sa chute et firent décréter son arrestation. Après une brève tentative de résistance avec des membres de la Commune de Paris, il fut capturé. Robespierre fut guillotiné le 28 juillet 1794 avec plusieurs de ses proches partisans. Sa disparition mit fin à son influence politique et ouvrit la réaction thermidorienne, qui remit en cause le gouvernement révolutionnaire. Il demeure ainsi une figure paradoxale : défenseur proclamé de la vertu républicaine et de la souveraineté populaire, il fut aussi l’un des principaux responsables politiques d’un régime ayant accepté la violence d’État et les exécutions pour préserver la Révolution.
