Moyen Âge

Quel roi franc a été couronné empereur d'Occident en 800 par le pape Léon III ?

La réponse

Charlemagne.

En savoir plus

Le 25 décembre 800, dans la basilique Saint-Pierre de Rome, le roi des Francs Charlemagne est couronné empereur par le pape Léon III. Cet événement marque un tournant majeur de l’histoire médiévale occidentale : il associe la puissance de la dynastie carolingienne à la tradition impériale romaine et renforce les liens entre la papauté et les souverains francs. Le couronnement ne fait pas seulement de Charlemagne un roi plus puissant ; il lui confère une dignité impériale qui transforme la place de son royaume dans la chrétienté d’Occident.

Une alliance entre les Francs et la papauté

Le rapprochement entre Charlemagne et la papauté avait commencé avant la cérémonie de 800. Son père, Pépin le Bref, avait noué une alliance étroite avec les papes et les avait soutenus militairement contre leurs adversaires en Italie. Devenu roi des Francs en 768, Charlemagne poursuivit cette politique. Il intervint notamment contre le royaume lombard, dont il conquit la capitale, Pavie, en 774. Le pape Léon III, élu en 795, se retrouva ensuite confronté à une forte opposition à Rome. En 799, après avoir été attaqué par des adversaires, il se réfugia auprès de Charlemagne, qui accepta de le protéger et de l’accompagner lors de son retour à Rome. Cette relation politique et militaire constitue l’un des éléments essentiels du contexte du couronnement.

Le sens du couronnement de 800

La cérémonie de Noël donne à Charlemagne le titre d’empereur et le présente comme le protecteur de l’Église et de la chrétienté latine. Elle réactive en Occident une dignité impériale qui n’y était plus exercée depuis la fin de l’Empire romain d’Occident, même si l’Empire romain d’Orient, gouverné depuis Constantinople, subsistait toujours. Le couronnement est donc aussi un geste politique délicat, car il pose la question de la coexistence entre l’empereur établi à Constantinople et le nouvel empereur reconnu à Rome. Il ne faut toutefois pas le réduire à un simple échange : le pape apporte une consécration religieuse à l’autorité de Charlemagne, tandis que le souverain franc apparaît comme le principal défenseur de la papauté en Occident.

Le gouvernement de Charlemagne

Charlemagne reste roi des Francs de 768 jusqu’à sa mort en 814 et empereur de 800 à 814. Sous son règne, le royaume s’étend considérablement grâce à des campagnes menées en Italie, en Saxe, en Bavière et vers les territoires des Avars. Pour administrer cet ensemble très vaste, le souverain s’appuie sur des comtes chargés de représenter son autorité dans les différentes régions. Il fait également circuler les missi dominici, des envoyés royaux qui contrôlent l’action des responsables locaux et transmettent les décisions du pouvoir central. Son règne est aussi associé à la renaissance carolingienne : les écoles monastiques et épiscopales sont encouragées, les textes anciens sont copiés et l’écriture caroline facilite la diffusion des manuscrits.

Un héritage impérial durable

L’unité politique construite par Charlemagne ne se maintient pas durablement après sa mort. Son fils Louis le Pieux lui succède, mais l’Empire carolingien est finalement partagé entre les petits-fils de Charlemagne par le traité de Verdun, en 843. Cette division forme plusieurs ensembles politiques et contribue à remodeler durablement l’Europe occidentale. Le couronnement de 800 conserve néanmoins une grande portée symbolique : il devient un précédent pour les souverains qui cherchent à restaurer l’idée d’un empire chrétien en Occident. Le couronnement d’Otton Ier à Rome en 962 est ainsi traditionnellement considéré comme une étape fondatrice du Saint-Empire romain, même si cette construction politique ne constitue pas une continuation simple et directe de l’empire de Charlemagne.

CultureG.org