Quel roi de Macédoine a conquis la Perse, l'Égypte et une partie de l'Inde, et est mort à l'âge de 32 ans en 323 av. J.-C. ?
La réponse
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Alexandre III de Macédoine, passé à la postérité sous le nom d’Alexandre le Grand, est l’un des conquérants les plus célèbres de l’Antiquité. Devenu roi en 336 av. J.-C. à l’âge de vingt ans, il étend rapidement son royaume jusqu’à constituer un immense empire. En un peu plus d’une décennie, il soumet l’Empire perse achéménide, prend le contrôle de l’Égypte et atteint la région du Pendjab, aux marges du sous-continent indien. Il meurt à Babylone en juin 323 av. J.-C., à seulement trente-deux ans.
Un héritier formé par Philippe II
Alexandre est le fils de Philippe II, roi de Macédoine, qui avait réorganisé l’armée macédonienne et imposé son influence sur une grande partie du monde grec. Lorsque Philippe est assassiné en 336 av. J.-C., Alexandre lui succède et doit d’abord consolider son pouvoir. Il réprime notamment les révoltes qui éclatent après son accession au trône, puis reprend le projet d’expédition contre l’Empire perse préparé par son père. En 334 av. J.-C., il traverse l’Hellespont avec son armée et remporte plusieurs victoires en Asie Mineure, notamment au Granique. Sa phalange, appuyée par une cavalerie très mobile, lui permet de vaincre des forces souvent supérieures en nombre.
La chute de l’Empire perse et la conquête de l’Égypte
Après sa victoire contre le roi perse Darius III à Issos en 333 av. J.-C., Alexandre poursuit sa progression vers le sud. Il s’empare notamment de la Phénicie après le siège de Tyr, puis entre en Égypte en 332 av. J.-C. Les autorités égyptiennes l’accueillent comme un libérateur du pouvoir perse, et Alexandre est reconnu comme pharaon. Il fonde alors Alexandrie, généralement datée de 331 av. J.-C., sur la côte méditerranéenne. La ville deviendra par la suite l’un des grands centres intellectuels et commerciaux du monde hellénistique. La même année, la victoire d’Alexandre à Gaugamèles porte un coup décisif à la puissance achéménide. Babylone, Suse et Persépolis passent sous son contrôle, tandis que Darius III prend la fuite avant d’être tué par des membres de son propre entourage.
Un empire organisé entre conquête et intégration
Alexandre ne se contente pas de remplacer l’autorité perse par une administration entièrement macédonienne. Il conserve certains responsables locaux, s’appuie sur les structures existantes et adopte plusieurs usages de la cour perse, une politique qui provoque parfois des tensions avec ses soldats et ses officiers. Il cherche également à rapprocher les élites macédoniennes, grecques et perses. En 324 av. J.-C., à Suse, des mariages collectifs unissent notamment des soldats macédoniens à des femmes perses. Cette politique d’intégration reste toutefois liée à la domination militaire d’Alexandre et ne suffit pas à garantir l’unité durable de ses conquêtes.
L’expédition jusqu’au Pendjab et la fin du règne
Après avoir consolidé son pouvoir en Asie centrale, Alexandre se dirige vers l’Inde. En 326 av. J.-C., il franchit l’Indus et affronte le roi Poros lors de la bataille de l’Hydaspe. Il remporte la victoire et établit son autorité sur plusieurs territoires du Pendjab, mais ses troupes refusent ensuite de poursuivre leur marche vers l’est lorsqu’elles atteignent l’Hyphase. L’armée repart donc vers l’ouest, en partie par le cours de l’Indus, tandis qu’une autre colonne traverse la difficile région désertique de Gédrosie. Alexandre rejoint finalement Babylone, où il meurt en juin 323 av. J.-C., après une maladie dont la cause exacte demeure incertaine. Sa disparition laisse un empire sans successeur adulte capable d’en maintenir immédiatement l’unité. Les rivalités entre ses généraux, les Diadoques, entraînent progressivement la formation de plusieurs royaumes hellénistiques, notamment en Égypte, en Asie et en Macédoine.
